Au Liban, la vaccination de députés hors du circuit officiel provoque la polémique

Des soignants préparent les seringues pour administrer le vaccin Pfizer-BioNTech, à l’American University Medical Center de Beyrouth, au Liban, le 14 février 2021.

Comment brûler la priorité pour obtenir un vaccin contre le Covid-19 distribué au compte-gouttes au Liban ? En bénéficiant d’une dérogation politique. La polémique fait rage depuis la vaccination, mardi 23 février, au Parlement libanais, d’une vingtaine de députés et de fonctionnaires de l’hémicycle, hors du circuit officiel. La procédure ne s’est pas déroulée dans un centre agréé et plusieurs de ces privilégiés ne répondent pas au critère d’âge.

Il faut aujourd’hui avoir plus de 75 ans – ou faire partie des professionnels de santé les plus exposés au coronavirus – pour être concerné par la première phase de la campagne de vaccination, après s’être inscrit sur une plate-forme spéciale. Le programme a été lancé le 14 février, avec un prêt de la Banque mondiale. Quelque 60 000 doses du vaccin Pfizer-BioNTech sont parvenues au Liban, pays en banqueroute où le Covid-19 a fait plus de 4 500 morts.

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S’exprimant mercredi soir, le ministre de la santé, Hamad Hassan, a justifié l’opération comme un geste de « reconnaissance » des « efforts » des députés pour voter la loi encadrant l’utilisation des vaccins contre le Covid-19. Fustigeant des « réactions exagérées », il a reconnu tout au plus une « brèche » dans le plan de vaccination, mais réfuté les accusations de « violation ». Des propos qui lui ont valu d’être pris à partie par ses détracteurs.

Explications vaseuses

Le directeur régional de la Banque mondiale, Saroj Kumar Jha, avait menacé la veille de « suspendre » les financements en cas de « confirmation » d’une violation. « Je vous invite tous, sans exception, quel que soit votre statut, (…) à attendre votre tour », a-t-il affirmé. En colère, Abdel Rahman Bizri, le président du comité scientifique pour la vaccination contre le Covid-19, au rôle consultatif, a pour sa part affirmé qu’il avait obtenu lundi des garanties du ministère de la santé qu’il n’y aurait pas de vaccination au Parlement.

Lors de l’arrivage des premiers lots de vaccin, la Banque mondiale avait insisté sur l’exigence de transparence, dans un pays réputé pour sa corruption

En même temps qu’éclatait l’esclandre autour de l’inoculation de députés, la présidence a annoncé que le chef de l’Etat, Michel Aoun, 86 ans, son épouse et d’autres proches avaient reçu le vaccin. La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), mandatée pour contrôler le déroulement de la campagne de vaccination, a dit ne pas avoir été informée de cette séance. Quant aux vaccinations au Parlement, c’était la première fois que des observateurs de la FICR étaient appelés à se rendre dans une institution depuis le 14 février.

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via LeMonde

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