Au Liban, le premier ministre Najib Mikati choisi pour former le nouveau gouvernement


Le premier ministre libanais, Najib Mikati, lors d’une conférence de presse faisant suite à son entrevue avec le président Michel Aoun, le 23 juin 2022 à Beyrouth.

Avec une très courte majorité, le premier ministre sortant Najib Mikati a été désigné, jeudi 23 juin, pour former le prochain gouvernement au Liban. Lors des consultations parlementaires qu’a tenues le président Michel Aoun, le magnat des télécommunications de 66 ans a reçu le soutien de 54 des 129 députés de la nouvelle Assemblée élue le 15 mai, notamment les voix des représentants du tandem chiite Hezbollah-Amal. Depuis le palais présidentiel de Baabda, M. Mikati a appelé les forces politiques à mettre « de côté les différends personnels » et à « coopérer afin de sauver le pays et le peuple de la crise actuelle », disant « tendre la main à tout le monde sans exception ».

Face à un Parlement plus divisé que jamais, la tâche s’annonce compliquée pour M. Mikati, malgré les talents de conciliateur qu’on lui prête. Déjà trois fois premier ministre (2005, 2011 et septembre 2021), le responsable politique sunnite ne dispose, cette fois, d’aucune couverture chrétienne ni druze. Les deux partis chrétiens, le Courant patriotique libre (CPL) dirigé par Gebran Bassil, le gendre du président Aoun, et les Forces libanaises (FL) de Samir Geagea, se sont abstenus. Le Parti socialiste progressiste (PSP) du leader druze Walid Joumblatt, dont la direction est désormais assumée par son fils, Taymour, a soutenu Nawaf Salam, ancien ambassadeur aux Nations unies devenu juge à la Cour internationale de justice, comme d’autres députés issus de l’opposition et de la contestation d’octobre 2019.

Endiguer la crise financière

« Pour former un gouvernement, et obtenir la confiance du Parlement [une majorité de 65 voix est requise], Najib Mikati devra passer un accord politique ce qui sera très difficile », prédit l’expert politique, Khaldoun Al-Sharif. Plusieurs partis, comme le PSP et les FL, ont annoncé, avant les consultations parlementaires, ne pas vouloir participer au gouvernement. Le CPL, avec qui M. Mikati s’est écharpé sur certains dossiers comme celui de la réforme du secteur de l’électricité, pourrait monnayer chèrement son soutien. « Tous les partis agissent comme si aucun nouveau gouvernement ne sera formé. Ils ont les yeux tournés vers la présidentielle », poursuit M. Sharif. L’élection du successeur du président Aoun, dont le mandat prend fin le 31 octobre, entraînera la nomination d’un nouveau gouvernement.

En cas d’échec à former un gouvernement dans cet intervalle, M. Mikati continuera à assurer la gestion des affaires courantes avec son équipe actuelle. Des mesures cruciales doivent être prises pour endiguer la crise financière qui a plongé la plupart des Libanais dans la pauvreté, notamment la finalisation d’un accord en vue d’un plan d’aide du Fonds monétaire international (FMI) et la réforme du secteur de l’électricité. « Le FMI est un passage obligatoire vers le salut », a insisté M. Mikati, alors que plusieurs lois attendent d’être votées au Parlement pour débloquer un éventuel prêt de l’institution financière. « Nous avons perdu assez de temps et perdu des chances de soutien de la part de pays étrangers », a-t-il ajouté, notant que le Liban est désormais face à une alternative : « un effondrement total ou un sauvetage graduel ».

via LeMonde

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