Au Mali, les « assises nationales de la refondation » reportées sine die

Le premier ministre installé par la junte, Choguel Maïga, à Bamako, le 28 mai 2021.

Les « assises nationales » qui devaient se tenir en décembre au Mali et à l’issue desquelles la junte au pouvoir doit fixer une date des élections ont été reportées sine die, a annoncé la structure chargée de leur organisation, mardi 23 novembre. La junte avait précédemment annoncé que ces assises se tiendraient du 21 au 26 décembre, suscitant une large levée de boucliers au sein de la classe politique malienne.

L’organisateur officiel de ces assises a informé dans un communiqué qu’« en raison des concertations entamées avec les forces vives de la nation en vue de trouver le consensus le plus large possible pour une participation la plus inclusive, les dates des assises nationales de la refondation ont été décalées ». « Un nouveau chronogramme sera annoncé à l’issue de ces concertations » menées depuis quelques jours, dit le communiqué.

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Le 19 novembre, une coalition de partis politique, le Cadre d’échange, avait indiqué son refus de prendre part à ces assises. Elle avait exprimé ce refus en personne au colonel Assimi Goïta, au pouvoir depuis le putsch du 18 août 2020. Cette coalition réunit plusieurs partis et regroupements de partis, dont le Rassemblement pour le Mali, du président renversé Ibrahim Boubacar Keïta, et Yelema, de l’ancien premier ministre Moussa Mara.

Pas d’élections en février

Le premier ministre installé par la junte, Choguel Maïga, insiste sur la tenue de ces assises pour décider des suites de la transition. Dans plusieurs interviews, il a notamment fait primer leur tenue sur celle d’élections censées garantir un retour à un pouvoir civil. Lors de ses prises de paroles publiques, Choguel Maïga a plusieurs fois indiqué vouloir créer via ces assises les conditions idoines pour que les élections ne soient pas contestées.

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Bamako a récemment notifié à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) que le Mali serait dans l’incapacité d’organiser ces élections en février 2022, évoquant notamment l’insécurité criante dans les régions. Le Mali est le théâtre depuis 2012 d’un conflit lancinant, avec des attaques répétées de groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation Etat islamique (EI), doublées de violences contre les civils perpétrées par des groupes armés, certains autoproclamés d’autodéfense. Les forces régulières sont également fréquemment accusées d’exactions.

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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