Au Mali, l’ex-rébellion touareg déplore « l’abandon » de l’accord de paix par les autorités de transition


Des représentants de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), à Kidal, en février 2021.

Des groupes armés signataires d’un important accord de paix au Mali déplorent « avec inquiétude », dans un communiqué publié dimanche 17 juillet, son « abandon » par les autorités de transition actuelles. La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), une alliance de groupes touareg et nationalistes arabes du nord en rébellion contre le pouvoir central, créée en 2014 puis signataire d’un accord de paix avec Bamako en 2015, affirme aussi suivre avec « beaucoup d’inquiétude la dégradation continue de la situation sociopolitique » au Mali.

Le texte a été diffusé après une réunion de la CMA à Kidal (nord), samedi et dimanche, en présence notamment des autorités administratives maliennes et de représentants de la Minusma, la mission de l’ONU au Mali. Le pays a été le théâtre de deux coups d’Etat militaires en août 2020 et en mai 2021. Le gouvernement a adopté un calendrier de transition devant permettre un retour des civils au pouvoir en mars 2024. Mais la crise politique va de pair avec une grave crise sécuritaire en cours depuis le déclenchement, en 2012, d’insurrections indépendantiste et djihadiste dans le nord.

Ces violences, qui ont gagné le centre du Mali ainsi que le Burkina Faso et le Niger voisins, ont fait des milliers de morts civils et militaires ainsi que des centaines de milliers de déplacés. La CMA « condamne toutes les formes de violences et de terreurs exercées sur la population civile » et « déplore l’absence d’une réponse appropriée à cette situation dramatique », selon le communiqué. Elle « note avec inquiétude l’abandon de la mise en œuvre de l’accord [d’Alger] depuis l’avènement de la transition et se réserve le droit d’en tirer toutes les conséquences ».

Un nouveau chef

Dans une précédente sortie en mars, la CMA avait « regretté l’absence totale de progrès dans la mise en œuvre de l’accord » sous les autorités de transition. L’accord d’Alger prévoit l’intégration d’ex-rebelles dans les forces de défense maliennes, ainsi qu’une plus grande autonomie des régions. Il est considéré comme crucial pour une stabilisation du pays, mais son application demeure embryonnaire.

La réunion de samedi et dimanche a par ailleurs acté un changement à la tête de la CMA, où Bilal Ag Acherif a été remplacé par Alghabas Ag Intalla, présenté comme proche du chef touareg malien Iyad Ag Ghaly, dirigeant du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), la principale alliance djihadiste au Sahel, liée à Al-Qaïda.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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