Au Maroc, une nouvelle flambée de l’essence sur fond de mécontentement syndical

Les prix des carburants à la pompe ont atteint de nouveaux records, jeudi 16 juin, au Maroc, suscitant la colère des syndicats et des appels au gouvernement pour protéger le pouvoir d’achat. L’essence sans plomb frôle désormais les 18 dirhams (1,70 euro) le litre et le gazole près de 16 dirhams, des niveaux jamais égalés, dans un contexte de hausse de l’inflation et de faible croissance.

Dans une lettre diffusée mercredi, la Confédération démocratique du travail (CDT), un des principaux syndicats, a exhorté le chef du gouvernement Aziz Akhannouch à « intervenir d’urgence pour protéger le pouvoir d’achat de la classe ouvrière et de la population en général, et se rendre compte de l’ampleur des souffrances qu’ils subissent ». Trois autres syndicats, de moindre représentativité, ont appelé à une grève nationale lundi dans la fonction publique, les collectivités locales et les transports pour protester contre la cherté de la vie.

Le Maroc fait face depuis déjà plusieurs mois à des hausses continues des prix, en particulier des hydrocarbures, conséquence notamment de la guerre en Ukraine.

De nombreuses voix s’élèvent à nouveau, y compris sur les réseaux sociaux, pour réclamer le plafonnement des marges « exorbitantes » des distributeurs de carburants. Le premier ministre lui-même, un magnat du pétrole, est la cible de critiques en raison de sa double casquette de dirigeant politique et d’actionnaire principal d’Afriquia, leader sur le marché local des hydrocarbures avec Total et Shell.

Magnat du pétrole

Le gouvernement se refuse jusqu’à présent à subventionner les carburants comme avant 2015. Mais il a doublé le budget consacré aux subventions pour le gaz butane, la farine et le sucre à hauteur de 32 milliards de dirhams (2,8 milliards d’euros). Il a également déboursé environ 1,4 milliard de dirhams depuis avril pour aider les transporteurs routiers (soit 180 000 véhicules) à la suite d’un mouvement de grève.

« Le gouvernement est en train d’étudier les marges possibles pour revoir à la hausse le montant de ces aides », a déclaré, jeudi, le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, à l’issue du conseil des ministres hebdomadaire.

Mais les hausses de prix sont « liées à un contexte international (…) et l’incertitude sur les niveaux qu’ils pourraient atteindre augmente chaque jour », a ajouté M. Baitas.

Dans l’opposition, l’Union socialiste des forces populaires (USFP), exige une baisse des taxes indirectes et une augmentation de l’impôt sur les sociétés.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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