Au Mexique, le président « AMLO » mobilise le secteur privé contre l’inflation

« Aurons-nous assez à manger pour la semaine ? », s’inquiète Mary Paz Olveda, mère célibataire de deux enfants, dans les allées du marché de La Merced, au centre de Mexico. Comme beaucoup d’autres Mexicains, la quadragénaire n’arrive plus à boucler les fins de mois depuis que l’inflation, intensifiée par la guerre en Ukraine, a décollé à plus de 7 %. Le président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador (surnommé « AMLO »), a annoncé, mercredi 4 mai, un « accord » avec le secteur privé pour stabiliser les tarifs des produits de première nécessité. L’efficacité de l’initiative suscite les doutes, dans un pays où près de la moitié de la population est pauvre.

Un cabas effiloché en bandoulière, Mary Paz fronce les sourcils en regardant les prix des fruits et légumes sur un des étals du plus grand marché de la capitale. « Sans l’aide de mon frère, qui est taxi, mes enfants n’en mangeraient plus », soupire cette femme de ménage qui gagne moins de 6 000 pesos (281 euros) par mois. « Le prix des oignons ou des citrons a presque doublé en deux mois », peste-t-elle en montrant le maigre contenu de son sac rouge en tissu : du riz, des haricots noirs, quelques tomates, des œufs, un poulet et un kilo de « tortilla », la fameuse galette de maïs nationale. Ces aliments de base font partie des 24 produits dont les prix ne devraient plus décoller d’ici à octobre.

C’est l’engagement pris par « AMLO », qui s’est félicité, mercredi, de l’« aide solidaire des compagnies privées ». Ce jour-là, une trentaine de représentants de grands groupes dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie alimentaire et de la distribution étaient à ses côtés, dans le palais présidentiel, au cœur de Mexico. Tous se sont engagés à ne pas augmenter leurs tarifs durant six mois. Parmi eux, Liliana Mejia, vice-présidente du numéro un mondial de la boulangerie industrielle, Bimbo, a annoncé que le prix des pains blancs de l’entreprise restera fixe jusqu’à la fin de l’année. Même promesse de la part de l’homme le plus riche du Mexique, Carlos Slim, concernant les tarifs de Telmex et Telcel, ses compagnies de téléphonie fixe et mobile.

Soutien aux producteurs

« Il ne s’agit pas d’un contrôle des prix qui affecterait l’équilibre des marchés, a martelé le président nationaliste de centre gauche, mais d’une alliance volontaire pour garantir des tarifs justes pour les familles les plus vulnérables. » Sur 126 millions de Mexicains, 52 millions vivent dans le dénuement. En outre, six salariés sur dix travaillent dans l’économie informelle, comme Mary Paz, sans revenu fixe ni couverture sociale. Autant de victimes de la hausse des prix du pétrole, du gaz et des céréales, conséquence de l’intervention militaire russe en Ukraine, le 24 février. Le Mexique a ainsi enregistré, en mars, une inflation de 7,45 %, soit plus du double des prévisions de la banque centrale (3 %).

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via LeMonde

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