Au Mexique, les cartels de la drogue menacent les joyaux du tourisme de la Riviera maya


La garde nationale patrouille sur la Playa Pescadores, à Tulum (Mexique), le 8 novembre 2021.

Leurs fusils-mitrailleurs et leurs gilets pare-balles détonnent sur la plage de sable fin de Playa del Carmen, dans le sud-est du Mexique. Les policiers et les militaires, qui zigzaguent entre les serviettes de bain, ne semblent pourtant pas perturber les milliers de vacanciers se dorant au soleil. A quelques mètres de là, un couple de Canadiens a été assassiné, mardi 21 juin, dans une des résidences de cet ancien village de pêcheurs devenu une ville de plus de 330 000 habitants. Un mois plus tôt, une attaque mafieuse faisait trois blessés dans un bar branché. Les derniers épisodes sanguinaires d’une série de violences qui menace un pilier de l’économie mexicaine, attisant les convoitises des cartels de la drogue.

L’ambiance s’électrise dans la touffeur de la nuit, au bord de la mer des Caraïbes. Des milliers de jeunes déambulent sur la Quinta Avenida (Ve Avenue), principale artère piétonne de la ville, joyau économique de l’Etat de Quintana Roo au côté des célèbres stations balnéaires de Cancun, dans le Nord, et de Tulum, dans le Sud. La zone touristique de 130 kilomètres de long a accueilli 13 millions de vacanciers en 2021. Avec ses 120 000 chambres d’hôtel, la région concentre près de la moitié des revenus d’un secteur qui représente plus de 7 % du produit intérieur brut mexicain.

Sur la terrasse de la brasserie Cerveceria Chapultepec, des dizaines de fêtards engloutissent des bières artisanales. Ils semblent loin de se douter que, dimanche 22 mai, des hommes armés y ont ouvert le feu, blessant trois Mexicains, dont une fillette de 7 ans éraflée à la tête. La brasserie a vite rouvert ses portes, business oblige. Violence gratuite ? Règlement de comptes ? « Ici, on préfère ne pas trop répondre aux journalistes », confie le gérant d’un bar voisin, qui rappelle que, cette fois, « il n’y a eu que des blessés légers ». D’autres n’ont pas eu cette chance. Des tirs en rafales ont fait un mort et six blessés, le 6 mai, à 55 kilomètres de là, dans un bar de Cancun.

Mi-mars, des touristes ont découvert des restes humains sur une plage de cette ville de près de 1 million d’habitants, qui accueille un aéroport international. Deux jours plus tôt, à Playa del Carmen, un entrepreneur britannique était abattu, au volant de sa voiture, par deux assaillants à moto. L’omerta règne aussi chez les employés du club de plage Mamita’s Beach Club, planté à 400 mètres de la Quinta Avenida. En janvier, son gérant argentin a été criblé de balles dans les toilettes de l’établissement à l’architecture épurée. Aujourd’hui, ses clients huppés y dégustent des cocktails colorés, comme si de rien n’était, sous de larges parasols blancs.

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via LeMonde

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