Au Pakistan, la crise énergétique menace une économie à court d’argent


Une femme utilise une feuille de papier en guise d’éventail lors d’une coupure d’électricité pendant la canicule à Jacobabad, dans la province du Sind (sud), le 11 mai 2022.

Tous les moyens semblent bons pour tenter de sauver l’économie pakistanaise… Mais le ministre du plan et du développement, Ahsan Iqbal, est peut-être allé trop loin, mardi 14 juin, lorsqu’il a demandé à ses concitoyens de réduire leur consommation de thé « d’une tasse ou deux » pour économiser des devises étrangères, dont le pays manque cruellement. Sa déclaration a suscité la colère et l’indignation au Pakistan, qui fait figure de premier importateur mondial de thé.

Depuis plusieurs semaines, les Pakistanais sont déjà contraints de vivre au rythme des coupures de courant. Les délestages peuvent durer jusqu’à douze heures par jour, privant les populations de ventilateurs et de climatiseurs, alors que les températures battent des records en cette saison. Le Pakistan multiplie les mesures afin d’économiser de l’énergie. Par exemple, la province de Khyber Pakhtunkhwa (nord-ouest) a décrété, le 14 juin, que les vendredis seraient désormais télétravaillés pour tous ses employés.

Une semaine auparavant, le gouvernement avait décidé de réduire la semaine de travail de ses employés à cinq jours, contre six auparavant. Les administrations devront également se serrer la ceinture. Les volumes de carburant qui leur sont habituellement alloués ont été réduits de 40 %. « Plus de la moitié du mix énergétique pakistanais dépend des énergies fossiles et les prix de ces dernières ont récemment été multipliés par deux ou trois », explique Ammar Habib Khan, un économiste pakistanais.

« Agir sur la consommation »

Le Pakistan produit près de 21 000 mégawatts d’électricité, mais la demande du pays de 220 millions d’habitants a augmenté sous l’effet d’une vague de chaleur précoce et durable, à partir de mars, créant un déficit de plus de 7 000 mégawatts certains jours, selon les chiffres du gouvernement. La production d’énergie hydroélectrique – qui représente près de 30 % du mix énergétique – a fortement chuté en raison de cette canicule. « Dans une journée, nous ne sommes capables de produire de l’électricité que dix-huit heures, et il nous faut donc agir sur la consommation », traduit Ammar Habib Khan.

La pénurie de devises étrangères empêche le Pakistan d’importer davantage de gaz ou de pétrole. Les réserves de change ont fondu et, au début du mois de juin, elles sont passées sous la barre des 10 milliards de dollars (9,5 milliards d’euros). Même pas de quoi assurer les besoins en importations pour les deux prochains mois.

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via LeMonde

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