Au Pérou, Keiko Fujimori persiste dans son refus de reconnaître les résultats de la présidentielle

La candidate Keiko Fujimori le 12 juin à Lima lors d’une manifestation.

Elle avait promis qu’elle respecterait les résultats de l’élection présidentielle du 6 juin. Pourtant, dès le lendemain du vote, voyant la victoire lui échapper, Keiko Fujimori, la candidate de la droite populiste tendance autoritaire, a lancé une offensive juridique pour contester les résultats. D’abord en lançant des accusations de « fraude systématique » sans fondements, quand tous les observateurs saluaient des élections sans irrégularités – jetant l’opprobre sur le scrutin. Puis, en envoyant ses avocats déposer des demandes d’invalidation de quelque 200 000 votes (principalement pour de supposées falsifications de signatures), risquant de déstabiliser un peu plus un pays fragilisé par une des campagnes électorales les plus agressives et polarisées de son histoire.

Ainsi, sept jours après le scrutin, le Pérou n’a toujours pas de vainqueur officiel. Pedro Castillo, candidat de la gauche de la gauche, mène avec une courte avance de 48 000 voix qui semble à ce stade irrattrapable. Selon les estimations du média d’investigation IDL-Reporteros, 38 700 votes sont en jeu, parmi les 200 000 mentionnés par Mme Fujimori – la plupart des contestations n’étant plus recevables car arrivées hors délai légal. Même si 100 % des votes contestés étaient annulés, Pedro Castillo l’emporterait.

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Toutefois, l’organisme électoral n’a pas déclaré de vainqueur officiel, attendant que le Juré national des élections (JNE) se prononce sur les suffrages qui font l’objet de contestation, d’autant que Fuerza Popular, le parti de Mme Fujimori, a menacé de faire appel. Pedro Castillo, qui avait prononcé plusieurs discours aux allures de victoire dans le courant de la semaine passé, s’est dernièrement montré plus prudent, enjoignant ses partisans à ne pas céder à la provocation et à attendre calmement le dépouillement final.

Campagne de haine

Mais le récit de la fraude a créé de vives tensions et a eu pour effet de diviser encore un peu plus la population. Samedi 12 juin, des milliers de partisans de Keiko Fujimori étaient réunis dans le centre de Lima, la capitale, pour « défendre leur vote » et « défendre la démocratie ». « Le plus important est que vous ne capituliez pas », s’est exclamée Mme Fujimori.

Sur les réseaux sociaux, les fujimoristes ont lancé une campagne de haine, incitant leurs partisans à harceler des personnalités publiques, journalistes, artistes et politiques critiques de leur leader, sous la consigne #ChapatuCaviar (« attrape ton caviar », en référence à la gauche caviar). D’autres partisans se sont réunis devant la maison du président du Juré des élections, proférant des insultes.

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via LeMonde

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