Au Pérou, toujours pas de vainqueur officiel mais Pedro Castillo se rapproche de la victoire

Pedro Castillo, le candidat de la gauche radicale, s’adresse du balcon du QG de son parti, à ses partisans, le 10 juin 2021.

Chaque jour, le feuilleton du résultat scrutin présidentiel du dimanche 6 juin tient en haleine 33 millions de Péruviens. Et chaque jour, son lot de rebondissements repousse l’épilogue. Jeudi 10 juin soir, le pays n’avait toujours pas de vainqueur officiel.

Le candidat de la gauche radicale, Pedro Castillo, instituteur de campagne et syndicaliste, distance sa rivale de droite de quelque 62 000 voix et devrait, selon toute vraisemblance, être le prochain président. Mais Keiko Fujimori, qui se présentait pour la troisième fois à une élection présidentielle, a décidé de tout faire pour lui barrer la route.

Elle qui avait déjà dénoncé de présumés « indices de fraude », « systématiques », au lendemain du scrutin, sans aucune preuve, réitère. Elle abat à présent sa dernière carte : elle réclame l’invalidité de centaines de bureaux de vote et l’annulation de milliers de bulletins, aidée par une armada de grands cabinets d’avocats.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Au Pérou, un duel serré entre Castillo et Fujimori

« Nous avons reçu beaucoup d’informations ces dernières quarante-huit heures, a-t-elle déclaré au cours d’une conférence de presse mercredi soir, analysées scrupuleusement par [notre] équipe juridique. (…) Fuerza Popular [le parti de la candidate] présente des mesures pour invalider 802 bureaux de votes [représentant] environ 200 000 votes (…) qui devront être retirés du décompte final ». Ses avocats invoquent de présumées fausses signatures de membres des bureaux ou encore la falsification de résultats, sans pour l’instant en apporter la preuve.

Ouverture d’une bataille légale

Une annonce qui ressemble à un geste de désespoir et qui n’a pas surpris ses adversaires. Déjà en 2016, lors du second tour face à Pedro Pablo Kuczynski, elle avait attendu plusieurs jours avant de reconnaître sa défaite. Sur les réseaux sociaux, de nombreux commentateurs politiques ironisaient ces derniers jours : « La grande nouvelle aurait été qu’elle ne conteste pas les résultats ».

Les observateurs indépendants, internationaux comme nationaux, ont eux, réitéré leur confiance dans le scrutin, saluant son bon déroulement. Néanmoins une bataille légale s’ouvre : celle de l’examen de centaines de milliers de bulletins contestés qui pourrait repousser encore un peu plus l’annonce officielle des résultats de plusieurs jours, voire de semaines.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Au Pérou, la droite fait bloc pour contrer le « communiste » Castillo
La candidate de droite Keiko Fujimori se présente à une conférence de presse, à Liman le 10 juin 2021.

Les manœuvres de Keiko Fujimori, critiquées comme étant une conduite profondément antidémocratique, sont un pari incertain. Aussi, le procureur anticorruption José Domingo Perez, celui-là même qui a requis, en mars dernier, trente ans de prison à son encontre dans l’affaire du financement occulte de ses précédentes campagnes électorales, demande son renvoi en prison pour avoir enfreint les règles de sa libération sous caution, obtenue en mai 2020 à la faveur de l’épidémie. Mme Fujimori est en effet apparue ces derniers jours aux côtés d’un des témoins du procès alors qu’il lui était interdit de rentrer en contact avec eux.

Il vous reste 49.74% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

Total
0
Shares
Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Previous Post

MindGeek, le géant méconnu derrière Pornhub et YouPorn

Next Post

Etats-Unis : « L’objectif des lois interdisant l’avortement avant le seuil de viabilité est de remettre en cause la jurisprudence en vigueur »

Related Posts