Au procès Theranos, l’ex-PDG Elizabeth Holmes témoigne, souriante et sûre d’elle

L’ancienne patronne de Theranos, Elizabeth Holmes, quitte le tribunal fédéral de San José (Californie), en compagnie de son mari, Billy Evans, le 23 novembre 2021. Elle risque jusqu’à vingt ans de prison pour fraude.

Depuis l’ouverture de son procès, le 8 septembre, Elizabeth Holmes arrive chaque matin au tribunal fédéral de San José (Californie), encadrée par sa maman et son mari, Billy Evans, le fils d’un magnat de l’hôtellerie de San Diego, qui lui tiennent chacun une main. Mardi 23 novembre n’a pas fait exception.

S’il s’agissait de l’une des journées les plus importantes pour l’issue d’une affaire qui pourrait lui valoir jusqu’à vingt ans de prison, l’ancienne patronne de Theranos n’en a rien montré. Impassible, elle est passée au contrôle de sécurité, longeant la file des journalistes, alignés depuis des heures par ordre d’arrivée. Il n’y a qu’une trentaine de places dans la salle d’audience et le procès n’est pas retransmis à la télévision.

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Elizabeth Holmes, 37 ans, est accusée d’avoir dupé investisseurs et patients en leur faisant croire que Theranos, sa start-up fondée en 2003, avait trouvé une méthode qui allait révolutionner les tests sanguins. Dans une Silicon Valley en exubérance, Theranos avait été valorisée jusqu’à 9 milliards de dollars, en 2014, sans avoir jamais démontré de résultats. Grisée par l’envolée de sa notoriété, Elisabeth Holmes s’habillait comme Steve Jobs, en col roulé noir, et laissait dire qu’elle avait inventé « l’iPod des soins de santé » : un petit appareil baptisé « Edison », prétendument capable de réaliser plus de 200 tests différents, à partir d’une simple goutte de sang. Déclarée en faillite en 2018, Theranos est devenue le symbole de l’hubris de la Silicon Valley.

Souriante et sûre d’elle

Mardi, Elizabeth Holmes intervenait pour la troisième fois devant la cour. Les jours précédents, elle avait plutôt marqué des points, en racontant son parcours de jeune fille pressée, si motivée par son projet de « démocratiser la santé » qu’elle avait quitté ses études d’ingénieur chimiste à Stanford dès la deuxième année. Sûre d’elle, parfois souriante, elle avait répondu fermement à la question qui est au centre du procès : que savait-elle de la piètre performance de la technologie dont elle vantait les mérites auprès des investisseurs. « Etiez-vous convaincue que Theranos avait développé une technologie susceptible d’effectuer n’importe quel test sanguin ? », lui a demandé, vendredi, l’un de ses avocats. « Je l’étais », a-t-elle assuré.

L’audience de mardi lui a été nettement moins favorable. L’ex-superstar de la Silicon Valley, qui doit répondre de onze chefs d’inculpation pour fraude, a reconnu qu’elle avait personnellement inclus le logo des géants pharmaceutiques Pfizer et Schering-Plough sur les brochures envoyées aux investisseurs potentiels. Cela, sans leur accord, alors qu’ils n’avaient pas validé sa technologie. Elle a affirmé que son intention n’était pas d’induire qui que ce soit en erreur. « J’aimerais avoir agi différemment », a-t-elle avoué.

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via LeMonde

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