Au Sri Lanka, le nouveau premier ministre est déjà contesté


Le nouveau premier ministre sri-lankais, Ranil Wickremesinghe, à Colombo, le 12 mai 2022.

Le Sri Lanka a un nouveau premier ministre et il est déjà contesté. Ranil Wickremesinghe, 73 ans, qui a occupé cette fonction à cinq reprises depuis 1993, a été nommé, jeudi 12 mai, par le président Gotabaya Rajapaksa pour remplacer son propre frère, Mahinda Rajapaksa, tenter de ramener le calme et s’attaquer à la crise économique et financière qui ravage le pays. Il a été chargé de former un gouvernement d’union nationale.

Ses premiers mots résument l’état catastrophique dans lequel se trouve l’île de 22 millions d’habitants. « Nous voulons faire revenir la nation à une situation dans laquelle notre peuple aura à nouveau trois repas par jour, a déclaré Ranil Wickremesinghe. Notre jeunesse doit avoir un avenir. »

Voilà longtemps que les Sri-Lankais de la classe moyenne et les pauvres, les travailleurs du secteur informel, comme les conducteurs de rickshaw, ne mangent plus trois fois par jour, en raison de l’inflation des prix alimentaires, 30 % en avril, du chômage et de la rareté des biens essentiels. Le gouvernement, surendetté, n’a plus assez de réserves de change pour importer les produits nécessaires au fonctionnement de la nation insulaire.

Le principal parti d’opposition, le Samagi Jana Balawegaya, avait été initialement sollicité pour diriger un nouveau gouvernement, mais son chef, Sajith Premadasa, avait posé comme préalable quatre conditions dont le départ du chef de l’Etat, l’adoption de nouvelles lois pour renforcer le Parlement et l’abolition de la présidence exécutive.

Un proche du clan Rajapaksa

Gotabaya Rajapaksa s’accroche au pouvoir alors que la population le juge responsable de la faillite du pays et réclame, depuis des mois, sa démission. Il a sacrifié, lundi 9 mai, son frère, contraint de quitter son fauteuil de premier ministre, alors que des manifestants tentaient d’investir sa résidence officielle. Mahinda Rajapaksa a été placé à l’abri à Trincomalee, dans une base navale au nord est de l’île. La justice lui a interdit de quitter le territoire ; une mesure également appliquée à son fils.

Le nouveau premier ministre, un avocat, issu d’une famille aisée de responsables politiques et d’hommes d’affaires, est réputé bon négociateur, réformiste, pro occidental, mais il est aussi proche du clan Rajapaksa. Juste avant sa nomination, les autorités catholiques ont signifié qu’elles considéraient sa nomination comme « illégale ». Elles lui reprochent notamment son incapacité à prévenir les attentats meurtriers de Pâques en 2019, commis contre des églises et des hôtels de luxe, qui avaient fait plus de 250 morts et des centaines de blessés. Il était alors premier ministre du président Maithripala Sirisena. L’exécutif avait été accusé d’avoir ignoré les mises en garde à plusieurs reprises des services indiens de renseignement sur le risque imminent d’attaques terroristes.

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via LeMonde

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