Au Sri Lanka, le premier ministre démissionne après de violents affrontements


Des manifestants et des partisans du gouvernement s’affrontent devant la résidence officielle du premier ministre sri-lankais Mahinda Rajapaksa, à Colombo, le 9 mai 2022.

Le premier ministre sri-lankais, Mahinda Rajapaksa, a démissionné, lundi 9 mai, peu après de violents affrontements entre ses partisans et des manifestants antigouvernementaux qui ont fait soixante-dix-huit blessés, a déclaré son porte-parole. Le dirigeant de 76 ans a adressé sa lettre de démission à son frère cadet et président, Gotabaya Rajapaksa, ouvrant ainsi la voie à un « nouveau gouvernement d’unité ».

« Nous condamnons les violences perpétrées aujourd’hui [lundi] contre des manifestants pacifiques et demandons au gouvernement de procéder à une enquête approfondie, à l’arrestation et la poursuite en justice de toute personne ayant incité à la violence », a déclaré l’ambassadrice des Etats-Unis au Sri Lanka, Julie Chung, sur Twitter, appelant « au calme et à la retenue sur l’île ».

Endettement massif

Les causes de ce monumental fiasco sont connues : un endettement massif de 51 milliards de dollars (48,3 milliards d’euros), dont 31 milliards de dette extérieure publique, un creusement du déficit budgétaire en raison d’allégements fiscaux populistes décidés quand les caisses de l’Etat étaient vides, une réforme agricole qui a plongé le pays dans l’insécurité alimentaire et, enfin, la pandémie de Covid-19, qui a porté un coup fatal au secteur touristique et fait revenir des expatriés au pays, asséchant les rentrées de devises étrangères. S’ajoutent les conséquences de la guerre entre la Russie et l’Ukraine.

Au sortir de la crise sanitaire, la situation financière du pays était suffisamment alarmante pour inciter le gouvernement à demander d’urgence l’aide du Fonds monétaire international. Mais l’exécutif, formé par le duo des frères Rajapaksa, a préféré continuer à emprunter et à mendier des lignes de crédit auprès de ses voisins chinois et indien, deux rivaux pressés de renforcer leur emprise sur l’île de l’océan Indien.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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