Au Sri Lanka, le président Rajapaksa déploie la force face à la révolte de la population


Bus incendiés, à Colombo, la capitale du Sri Lanka, le 10 mai 2022.

Des blindés et des militaires armés patrouillent désormais dans les rues de Colombo, la capitale du Sri Lanka. Un couvre-feu est en vigueur sur toute l’île de 22 millions d’habitants. Le président Gotabaya Rajapaksa s’accroche au pouvoir, avec l’espoir de mater par la force la colère qui submerge le pays depuis des mois et qui a pris depuis quelques jours un tour très violent. Le chef de l’Etat, dont la population réclame le départ, a ordonné, mercredi 11 mai, aux forces de l’ordre de tirer à balles réelles pour éviter « l’anarchie ».

Deux jours auparavant, son frère Mahinda avait été contraint de quitter son fauteuil de premier ministre, alors que des manifestants tentaient d’envahir sa résidence officielle. Le chef de gouvernement démissionnaire et sa famille ont dû être extraits par les militaires. Ils ont été placés à l’abri dans une base navale à Trincomalee, sur la côte nord-est du pays. Le gouvernement a été dissous.

Les manifestations pacifiques qui rythment la vie de l’île depuis deux mois se sont transformées en affrontements violents, après que des partisans du clan Rajapaksa armés de bâtons et de matraques ont organisé une action punitive contre les opposants au régime installés devant le palais du président, jugé responsable d’une crise économique et financière d’une ampleur inédite.

Ces incidents ont déclenché un mouvement insurrectionnel. Les manifestants ont attaqué de nombreux bâtiments et propriétés du clan Rajapaksa ou des députés de la majorité ; des bus et des véhicules ont été détruits. L’île a plongé dans le chaos. Les affrontements ont fait neuf morts en deux jours et près de 300 blessés ; 104 bâtiments et 60 véhicules ont été incendiés.

Gotabaya Rajapaksa s’est adressé à la nation mercredi au soir. Dans un discours télévisé, le président a annoncé qu’il renonce à la plupart de ses prérogatives. Il a promis de nommer un nouveau premier ministre, de donner plus de pouvoir au Parlement et d’abolir le système présidentiel et son exécutif tout-puissant.

Effondrement de l’économie

« Je prends des mesures pour nommer dans la semaine un nouveau premier ministre qui a la confiance de la majorité du Parlement, qui peut gagner la confiance du peuple et un nouveau gouvernement pour contrôler la situation actuelle, pour empêcher le pays de tomber dans l’anarchie et pour poursuivre les fonctions du gouvernement qui sont au point mort, a déclaré Gotabaya Rajapaksa. Je laisserai la place au nouveau premier ministre pour qu’il présente un nouveau programme de travail et le mette en œuvre. »

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via LeMonde

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