Au Tchad, Déby fils dans les pas de son père


Mahamat Idriss Déby à N'Djamena, le 23 avril 2021.

Il y a un an, le 20 avril 2021, lorsque son visage juvénile est apparu sur les écrans de la télévision nationale tchadienne, commentateurs et analystes s’interrogeaient sur la capacité de Mahamat Déby à maîtriser le volcan au sommet duquel il venait d’être installé. Combien de temps pourrait-il tenir sur le fauteuil présidentiel où les frères d’arme de son père Idriss, tué au combat au moment de sa réélection, venaient de l’asseoir après avoir balayé toutes les règles constitutionnelles du pays ?

Les troupes rebelles parties de Libye étaient alors à 300 kilomètres de la capitale N’Djamena, les rivalités familiales menaçaient de détruire le régime construit par le défunt et la société civile tentait de faire valoir son rejet d’une succession dynastique après trente années de pouvoir Déby.

Un an plus tard, le président du Conseil militaire de transition – le PCMT comme on le surnomme désormais à N’Djamena – n’a pas éteint tous les feux mais la question qu’il suscite a sensiblement évolué : dans combien de temps Mahamat Déby rendra-t-il le pouvoir, s’il accepte de s’en dessaisir un jour ?

A seulement 38 ans, le jeune général « est en train de déjouer tous les pronostics sur la durée de son pouvoir et l’agenda réel de cette transition », remarque Hoinathy Remadji, chercheur à l’Institute for Security Studies. Lors de l’annonce de la mort de son père, promesse avait été faite de rendre les clés de la présidence dix-huit mois plus tard, à l’issue d’« élections libres et démocratiques » où il ne sera pas candidat.

Une bienveillance internationale

L’engagement avait été modéré dès le lendemain dans la charte de transition par la précision que ce délai pourrait être prolongé « une fois », sans que cela émeuve la France, l’Union africaine ou l’Union européenne, davantage préoccupées par une déstabilisation générale du Tchad que par la démocratisation du régime Déby.

Cette bienveillance internationale ne s’est depuis pas démentie – le PNUD a ainsi mis en place un mécanisme de financement de la feuille de route de la transition –, laissant gonfler dans les opinions africaines le sentiment que les auteurs de coups d’Etat ne sont pas traités de la même manière selon qu’ils se rangent derrière les positions occidentales comme le Tchad ou qu’ils se mettent en marge comme le Mali.

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via LeMonde

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