Au Venezuela, l’opposition propose de négocier la levée des sanctions contre des « élections libres »

L’opposant vénézuélien Juan Guaido lors d’une manifestation pour demander à l’administration de Nicolas Maduro d’accélérer la campagne de vaccination, le 17 avril 2021.

Le chef de file de l’opposition vénézuélienne, Juan Guaido, a proposé, mardi 11 mai, de nouvelles négociations avec le pouvoir vénézuélien, demandant un « calendrier pour des élections libres » contre une levée des sanctions. En soirée, le président de la République bolivarienne, Nicolas Maduro, a laissé la porte ouverte au dialogue tout en minimisant l’importance de cette proposition.

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« Le Venezuela a besoin d’un accord de salut national. Un accord entre les forces démocratiques (…), le régime et la communauté internationale », a déclaré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux M. Guaido, reconnu comme président par intérim par une partie de la communauté internationale (58 pays, dont les Etats-Unis).

Les négociations entre le régime de M. Maduro et l’opposition sont au point mort depuis août 2019. M. Guaido réclame « un accord qui comprend un calendrier pour des élections libres et justes pour la présidentielle, les législatives, les régionales et les municipales avec un soutien et des observateurs internationaux ».

Nicolas Maduro « prêt à dialoguer »

Il estime que la communauté internationale peut « encourager le régime d’une levée progressive des sanctions conditionnée au respect des objectifs de l’accord ». Le Venezuela, qui traverse une forte crise, doit faire face aux sanctions économiques imposées notamment par les Etats-Unis, qui cherchent à évincer M. Maduro du pouvoir.

M. Guaido demande aussi la « libération de tous les prisonniers politiques » et l’autorisation de « l’entrée massive d’aide humanitaire et de vaccins contre le Covid-19 » alors que le pays est touché par une virulente deuxième vague épidémique.

Cet appel de M. Guaido intervient quelques jours après la mise en place du nouveau Conseil national électoral (CNE) par l’Assemblée nationale, où le pouvoir dispose de 256 sièges sur 277. « Nous ne reconnaissons pas » le CNE, qui doit normalement organiser avant la fin de l’année des scrutins municipaux et régionaux, a souligné M. Guaido.

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Trois des cinq membres du CNE, dont le président, sont favorables au pouvoir, mais il comprend aussi deux membres de l’opposition qui ne sont pas favorables à M. Guaido. M. Maduro a réagi avec véhémence, mardi soir, à la télévision publique tout en se disant « prêt à dialoguer ».

« Le CNE est né d’un grand dialogue avec tous les secteurs de l’opposition, tous les secteurs sauf un ! Le secteur extrémiste, putschiste, qui a facilité les coups, les sanctions, les attaques », a dit M. Maduro, qui n’a pas ménagé son adversaire.

« Le bobolongo [“grand idiot”] veut maintenant dialoguer parce qu’il est à l’écart, isolé, battu, que plus personne ne le consulte pour rien (…). S’il veut intégrer les dialogues en cours, bienvenue ! Mais qu’il ne se prenne pas pour le chef, le leader suprême d’un pays qui ne le reconnaît pas », a lancé M. Maduro à l’endroit de M. Guaido.

M. Guaido était le président l’Assemblée nationale jusqu’aux législatives de décembre 2020, des élections boycottées par l’opposition et qui ont permis au pouvoir de reprendre le contrôle de l’Assemblée, perdue en 2015. Les Etats-Unis, l’Union européenne et plusieurs pays d’Amérique latine ne considèrent pas l’Assemblée actuelle comme légitime.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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