Au Yémen, les rebelles houthistes rejettent le cessez-le-feu

Le drapeau yéménite déployé à l’occasion de l’anniversaire de la révolution de 1962 à Sanaa, le 26 septembre 2016. Les rebelles houthistes ont refusé, lundi 22 mars, le cessez-le feu proposé par l’Arabie saoudite qui soutient les forces gouvernementales.

La réponse a été rapide. Au Yémen, moins d’une heure après que l’Arabie saoudite a proposé un cessez-le-feu, les rebelles houthistes l’ont rejeté lundi 22 mars. Riyad soutient les forces gouvernementales dans ce conflit qui dure depuis plus de six ans, tandis que les houthistes bénéficient de l’appui de l’Iran.

« L’Arabie saoudite doit annoncer la fin de l’agression et lever complètement le blocus [sur le Yémen], car mettre en avant des idées discutées depuis plus d’un an n’a rien de nouveau », a justifié un porte-parole des rebelles, Mohammed Abdelsalam, selon la chaîne des houthistes Al-Massirah.

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L’Arabie saoudite, qui intervient militairement au Yémen depuis 2015, a fait plusieurs propositions dont « un cessez-le-feu global dans tout le pays sous la supervision des Nations unies », a-t-elle annoncé dans un communiqué. Riyad a également proposé de rouvrir l’aéroport de Sanaa, la capitale yéménite tenue par les rebelles, et de relancer les négociations politiques entre le gouvernement yéménite et les houthistes, est-il ajouté dans le texte.

Une recrudescence des attaques houthistes

Les rebelles avaient récemment fait de l’ouverture de tout l’espace aérien et maritime du Yémen, sous contrôle saoudien, une condition préalable à tout processus de dialogue. « Nous voulons que les armes se taisent complètement », avait déclaré à la presse le ministre saoudien des affaires étrangères, le prince Fayçal Ben Farhane, lors d’une conférence à Riyad.

En avril 2020, la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite qui combat les rebelles avait annoncé un cessez-le-feu temporaire au Yémen pour empêcher la propagation du coronavirus, mais les rebelles houthistes avaient déjà rejeté cette initiative, la qualifiant de manœuvre politique.

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La dernière proposition de Riyad intervient dans un contexte de recrudescence des attaques de drones et de missiles menées par les houthistes contre le royaume, notamment contre ses installations énergétiques. Les houthistes mènent actuellement une offensive acharnée pour s’emparer de Marib, dernier bastion du gouvernement dans le nord du pays, largement aux mains des rebelles.

Cette offensive intervient alors que l’administration américaine de Joe Biden a décidé de mettre fin à son soutien à la coalition et retiré les houthistes de la liste des « organisations terroristes » pour ne pas entraver, selon elle, l’acheminement de l’aide humanitaire.

Depuis 2015, l’Arabie saoudite n’a pas réussi à écraser la rébellion, mais la guerre a plongé ce pays très pauvre dans la pire crise humanitaire au monde.Selon l’ONU, plus de 16 millions de Yéménites, environ la moitié de la population, seront confrontés à la faim cette année. Près de 50 000 d’entre eux se trouvent déjà dans des conditions proches de la famine et 400 000 enfants de moins de cinq ans pourraient mourir de malnutrition aiguë, d’après l’ONU.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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