Aux Etats-Unis, la reprise des fusillades relance le débat sur le contrôle des armes à feu

Joe Biden s’exprime sur les armes à feu, le 23 mars à Washington, au lendemain de la tuerie à Boulder (Colorado).

Depuis un an, les Etats-Unis vivaient sans « mass shootings », ces fusillades de plus de quatre morts qui endeuillent régulièrement les écoles, les lieux de travail, de culte ou de divertissement. Mais en une semaine, le pays a renoué avec le drame des armes à feu. Après l’attaque qui a fait huit morts le 16 mars dans trois salons de massage asiatiques dans la région d’Atlanta, en Géorgie, c’est un supermarché de la ville de Boulder (Colorado) qui a été la cible d’un tireur lundi 22 mars.

Dix personnes sont mortes ; un policier de 51 ans, père de sept enfants, le premier arrivé sur place après avoir reçu les appels d’urgence ; plusieurs employés du magasin, dont un jeune homme de 20 ans et une ancienne iconographe new-yorkaise qui était venue s’installer dans ce haut lieu des sports de montagne à 1 650 m d’altitude ; un retraité qui attendait son tour pour se faire vacciner dans ce supermarché de la chaîne King’s Sooper où avait été installé un dispensaire, à côté de la pharmacie ; un technicien, fils de réfugiés serbes ayant fui la Bosnie dans les années 1990, qui venait de finir une réparation au café Starbucks et qui se trouvait sur le parking quand il a été abattu.

Le tueur a été identifié comme un jeune homme de 21 ans, Ahmad Al Aliwi Al-Issa, né en Syrie en 1999, fils du propriétaire d’un petit restaurant à Arvada, dans la banlieue de Denver, à 30 km de Boulder. Il était armé d’un fusil d’assaut de type AR-15 et d’un pistolet semi-automatique Ruger AR-556 qu’il avait acheté le 16 mars. Il a été blessé à la jambe lors d’un échange de tirs avec les policiers. L’employée de la pharmacie qui procédait aux vaccinations l’a entendu dire qu’il n’avait plus rien sur lui et qu’il se rendait. Il est sorti la jambe sanguinolente, encadré par trois policiers et vêtu d’un seul short.

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Son frère, interrogé par le Daily Beast, l’a décrit comme « paranoïaque » et « asocial », souvent persuadé d’être poursuivi ou surveillé par des gens hostiles. Sur son compte Facebook, au nom d’Ahmad Alissa, examiné par Newsweek, il a affirmé que son téléphone avait été « piraté » « par son ancienne école », et par des « personnes racistes et islamophobes ».

Selon ses camarades interrogés par le Denver Post, il faisait partie de l’équipe scolaire de lutte et prenait mal les échecs. En terminale, il lui est arrivé de rouer de coups un autre élève qui, selon lui, avait tenu des propos hostiles. Il avait été condamné à des travaux d’intérêt général. Selon le New York Times, son nom était connu de la police fédérale (FBI), qui s’intéressait à l’un de ses contacts dans le cours d’une enquête qui n’a pas été précisée.

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via LeMonde

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