Aux Etats-Unis, les sénateurs dévoilent une proposition de loi contre les armes à feu en deçà des mesures réclamées par Joe Biden


Le sénateur démocrate Chris Murphy, à Washington, le 21 juin 2022.

Dans une Amérique profondément divisée, un accord au Congrès entre élus démocrates et républicains est rare, d’autant plus sur un sujet aussi clivant que celui des armes à feu. Mais après une série de fusillades meurtrières, des sénateurs américains des deux bords sont parvenus à s’entendre pour dévoiler, mardi 21 juin, une proposition de loi visant à restreindre la violence par arme à feu.

Il s’agit de « la législation contre la violence par arme à feu la plus importante en presque 30 ans », a tweeté le sénateur démocrate Chris Murphy. Ce texte de 80 pages « va sauver des milliers de vies », a-t-il ajouté, mais il reste en deçà des mesures réclamées par le président américain Joe Biden.

L’initiative parlementaire avait été lancée après le massacre d’Uvalde, qui a fait 21 morts dont 19 enfants dans une école primaire du Texas fin mai, et celui de Buffalo dans l’Etat de New York, au cours duquel dix personnes noires ont été tuées dans un supermarché mi-mai.

Chuck Schumer, le chef des démocrates au Sénat, a lui aussi qualifié le texte d’« avancée ». « Bien qu’il ne s’agisse pas de tout ce que nous voulions, cette législation est nécessaire de toute urgence », a-t-il dit dans un communiqué.

Le lobby des armes opposé au texte

Le républicain John Cornyn, qui a travaillé avec Chris Murphy sur le projet, a affirmé que le texte visait à faire en sorte que les attaques comme celle d’Uvalde soient « moins susceptibles de se produire, tout en protégeant le deuxième amendement » de la Constitution, qui permet de détenir des armes à feu.

« Je suis fier que cette proposition de loi sur la santé mentale et la sécurité scolaire n’impose AUCUNE NOUVELLE RESTRICTION aux propriétaires d’armes à feu respectueux des lois », a-t-il ajouté sur Twitter.

La NRA, le lobby des armes, a aussitôt exprimé son opposition au texte, jugeant au contraire qu’il pourrait être utilisé pour « restreindre les achats d’armes légales ». Le projet « laisse trop de latitude aux représentants de l’Etat et contient également des dispositions indéfinies et trop générales, invitant à une ingérence dans nos libertés constitutionnelles », a-t-elle dit dans un communiqué.

« Pas de géant »

Le texte met notamment en avant le soutien à des lois, Etat par Etat, qui permettraient de retirer des mains de personnes jugées dangereuses les armes qu’elles possèdent, selon M. Murphy. Il entend aussi instaurer le renforcement de la vérification des antécédents judiciaires et psychologiques pour les acheteurs d’armes âgés de 18 à 21 ans ainsi qu’un meilleur contrôle de la vente illégale d’armes, et le financement de programmes dédiés à la santé mentale.

Joe Biden avait publiquement affiché son soutien aux militants contre la violence par arme à feu en listant les mesures qu’il souhaite voir adoptées mais qui sont absentes de l’accord entre les sénateurs : interdiction des fusils d’assaut et des chargeurs à grande capacité, vérifications des antécédents pour l’ensemble des acheteurs d’armes – et pas uniquement les moins de 21 ans –, obligation pour les particuliers de garder leurs armes sous clé.

Même si l’accord est limité, l’organisation Moms Demand Action, qui milite pour un encadrement plus strict des ventes d’armes, a estimé qu’il s’agissait d’« un pas de géant pour notre mouvement », promettant de se battre « jusqu’à ce qu’il soit adopté ».

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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