Aux Etats-Unis, l’irrésistible tentation radicale des républicains

Analyse. Un an après l’assaut donné par des fidèles chauffés à blanc par Donald Trump contre le Congrès des Etats-Unis, le 6 janvier 2021, pour tenter vainement d’annuler le verdict des urnes, le Parti républicain continue de déployer une énergie considérable pour empêcher la manifestation de la vérité. Les preuves ont beau s’accumuler, accréditant la thèse d’une tentative de coup de force planifiée par l’homme qui avait juré quatre ans plus tôt de protéger la Constitution, le Grand Old Party continue de regarder ailleurs et d’épurer ses dissidents. Pour une bonne raison : loin d’être un accident, cet épisode a constitué l’étape majeure d’une transformation en profondeur.

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Cette dernière est évidente, si on se rappelle l’introspection sans concession à laquelle la défaite essuyée en 2012 par Mitt Romney face à Barack Obama avait donné lieu, moins de six mois après l’élection perdue. « Le Parti républicain doit arrêter de se parler à lui-même », écrivaient alors les cadres du parti mandatés pour analyser les raisons de l’échec. « Nous sommes devenus des experts pour fournir le renforcement idéologique à ceux qui pensent la même chose [que nous], mais, de manière désastreuse, nous avons perdu la capacité d’être convaincants, ou accueillants, envers ceux qui ne sont pas d’accord avec nous sur tout », poursuivaient-ils.

Le Parti républicain de 2022 tourne le dos à celui de 2013. Sa décision de renoncer au moindre programme lors de la convention d’investiture de 2020, pour s’en remettre aveuglément à Donald Trump, avait été le signe ultime d’une déliquescence idéologique par rapport à ses convictions passées. Le refus de la moindre introspection, à propos de la défaite comme des responsabilités potentielles dans le coup sans précédent porté contre les institutions des Etats-Unis, témoigne à son tour de la capitulation morale du courant traditionnel républicain face à l’émergence des nouvelles forces coalisées par Donald Trump. Ces dernières vont des miliciens impliqués dans l’attaque aux théoriciens d’un ethno-nationalisme pessimiste, qui constitue la négation du conservatisme lumineux exprimé par Ronald Reagan dans son discours d’adieu en 1989.

Activisme de la provocation

La nouvelle génération de polémistes qui a succédé à l’éditorialiste Rush Limbaugh, leur père spirituel à tous, emporté par un cancer quelques semaines après l’assaut, entretient la base conservatrice dans une réalité alternative. Il s’agit de Dan Bongino ou de Tucker Carlson – la tentative de réécriture par ce dernier de l’assaut du 6 janvier par le biais d’un documentaire endossé par son employeur Fox News a été suivie par le départ de la chaîne du respecté Chris Wallace, l’un des intervieweurs les plus talentueux des Etats-Unis.

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via LeMonde

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