Avant le départ des derniers soldats français du Mali, Paris cherche à redéfinir sa stratégie en Afrique


Des légionnaires du deuxième régiment étranger d’infanterie inspectent des véhicules blindés, au Niger, le 29 juin 2022.

C’est un vaste chantier lancé il y a de longs mois, bien avant la guerre en Ukraine : la redéfinition de la posture stratégique de la France en Afrique. Un sujet sur lequel diplomates et militaires se trouvent aujourd’hui contraints d’accélérer alors que les derniers soldats déployés dans le cadre de l’opération « Barkhane », lancée en 2014, sont censés quitter le Mali d’ici à septembre.

Cette nouvelle « offre » France sur le continent, le ministre des armées, Sébastien Lecornu, et la ministre des affaires étrangères, Catherine Colonna, s’apprêtent à l’esquisser lors d’un premier déplacement conjoint ces 14 et 15 juillet, au Niger, puis en Côte d’Ivoire pour M. Lecornu, avant un déplacement en Afrique du chef de l’Etat annoncé, lui, pour la fin du mois. M. Lecornu et Mme Colonna doivent notamment visiter la base de Niamey où la France va laisser environ mille hommes à l’issue de l’été. Ils devraient aussi se rendre dans un village où est porté depuis trois ans un projet de lutte contre la malnutrition infantile par les Nations unies. Un prêt d’aide d’un montant de 50 millions d’euros de l’Agence française de développement (AFD) doit aussi être signé.

Durant ce voyage, le « nexus civilo-militaire », selon les mots d’une source diplomatique, se veut particulièrement mis en avant. Un affichage déjà tenté par le passé, mais que d’aucuns considèrent comme indispensable de réactiver en raison des bouleversements géostratégiques en Afrique et de l’urgence pour la France de se positionner dans la compétition entre puissances, notamment vis-à-vis de la Russie. « A beaucoup d’égards, le développement peut et doit contribuer plus fortement à la solution, en axant l’action sur les jeunes, la création d’emplois et le développement durable », assume ainsi Rémy Rioux, le directeur de l’AFD qui voit par ailleurs dans la nomination de Chrysoula Zacharopoulou, la secrétaire d’Etat chargée du développement, de la francophonie et des partenariats internationaux, « un signal clair et positif en ce sens ».

Une « nouvelle stratégie » début septembre

Le voyage de M.Lecornu et de Mme Colonna n’est pas censé graver dans le marbre toute la feuille de route française. Le chef d’état-major des armées, le général Thierry Burkhard, et le Quai d’Orsay, doivent officiellement présenter une « nouvelle stratégie » début septembre, selon des éléments communiqués à la presse, mardi 12 juillet. « Nous allons prendre le temps de réfléchir à cette future offre avec nos partenaires au Sahel », a abondé une source militaire lors de ce même échange, conformément à la ligne très prudente défendue à tous les échelons du ministère des armées depuis des mois. Une offre qui s’annonce surtout bilatérale à court terme, alors que les mécanismes européens à destination de l’Afrique comme les missions de formation ou la facilité européenne de paix – permettant de débloquer des fonds pour de l’achat d’armes – apparaissent encore peu matures.

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via LeMonde

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