Avec Isabel Diaz Ayuso, la droite dure en quête d’un nouveau mandat à Madrid

La chef du gouvernement régional de Madrid et candidate du Parti populaire (PP), Isabel Diaz Ayuso, lors de la clôture de la campagne électorale avant les élections régionales, à Madrid, Espagne, le 2 mai.

Au-dessus du comptoir du restaurant La Parroquia, dans la rue animée de Ponzano, à Madrid, le patron a collé une photo de la présidente du gouvernement régional, Isabel Diaz Ayuso, masque sur le visage, regard noir auréolé de longs cheveux bruns. Dessous, trois mots : « Moi, avec Ayuso ». Plus loin, dans le quartier de la Latina, un bar à tapas a créé un plat en son honneur : « patates à la Ayuso : peu de patates, beaucoup d’œufs », affiche l’ardoise. Un autre a inventé la « pizza Madonna Ayuso », à la mozzarella di bufala. Et il existe même une bière à son effigie…

Mardi 4 mai, près de cinq millions d’habitants de la communauté autonome de Madrid sont appelés aux urnes pour renouveler le Parlement régional. Et la populaire présidente de la région, icône des bars et restaurants de la capitale, qu’elle a maintenus ouverts depuis la fin de la première vague de l’épidémie de Covid-19 – « pour ruiner encore plus la restauration, ne comptez pas sur moi », disait-elle en janvier –, part favorite avec 43 % d’intentions de vote, selon les derniers sondages. Non seulement cette femme de 42 ans, au discours décomplexé, revendique une gestion de la crise sanitaire moins restrictive qu’ailleurs, mais elle est devenue la principale opposante au gouvernement de gauche du socialiste Pedro Sanchez. Pour ses détracteurs, elle est surtout un avatar espagnol de Donald Trump.

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Quand Mme Ayuso arrive à la tête de la région, en 2019, elle est méconnue des Espagnols. Diplômée en journalisme, militante du Parti populaire (PP) depuis 2005, issue d’une famille de petits entrepreneurs ruinés par la crise de 2008, elle a gravi les échelons du parti un à un. Députée régionale en 2011, porte-parole adjointe de l’exécutif madrilène en 2015 et vice-ministre régionale en 2017, c’est par surprise qu’elle est investie en 2019 par le nouveau président du PP, Pablo Casado. Et si elle prend le pouvoir, alors que le parti socialiste est arrivé largement en tête, ce n’est que grâce à une coalition avec le parti libéral Ciudadanos et le soutien du parti d’extrême droite Vox.

Aucune place au débat de fond

Deux ans plus tard, elle caresse l’espoir d’une majorité absolue et demande ouvertement de pouvoir gouverner « en solitaire », pour enfin « faire ce [qu’elle] veut ». Le slogan qu’elle a lancé en convoquant ces élections anticipées – « socialisme ou liberté » – a donné le ton d’une campagne électorale polarisée à l’extrême, agressive et manichéenne. « Trumpiste », comme l’a qualifiée une partie de la presse espagnole. Le chef de file de Podemos, Pablo Iglesias, qui s’est porté candidat, a ajouté de l’eau au moulin en appelant les Madrilènes à choisir entre « fascisme et démocratie », tout en multipliant les attaques contre les journalistes.

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via LeMonde

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