Avec la mort du numéro 1 d’Al-Qaida, Joe Biden tente d’effacer l’échec du retrait américain d’Afghanistan


Le président américain, Joe Biden, annonce la mort à Kaboul du chef d’Al-Qaida, Ayman Al-Zawahiri. A la Maison blanche, à Washington, le 1er août 2022.

Difficile de ne pas penser à l’annonce solennelle, le dimanche 1er mai 2011 à 23 heures, par Barack Obama de l’exécution d’Oussama Ben Laden par les forces spéciales américaines au Pakistan, quelques heures plus tôt. « Justice a été faite », avait expliqué le démocrate à ses compatriotes.

Onze ans plus tard, c’est son ancien vice-président, Joe Biden, qui a annoncé la mort d’Ayman Al-Zawahiri, celui qui avait succédé à Ben Laden à la tête d’Al-Qaida, tué en plein Kaboul le 31 juillet par un drone américain. Le président a eu les mêmes mots que son prédécesseur en 2011 : « La justice est passée. Ce chef terroriste n’est plus. »

Le parallèle s’arrête là : toujours isolé en raison de son rebond de Covid-19, Joe Biden a fait son annonce télévisée depuis le balcon de la résidence présidentielle où il est confiné. Un décor moins officiel, même si l’arrière-plan ouvrait sur le Washington monument.

L’Egyptien Ayman Al-Zawahiri, 71 ans, surnommé le « professeur », souvent décrit comme le théoricien d’Al-Qaida, a été tué à Kaboul, dimanche 31 juillet à 6 h 18 (heure locale) par deux missiles Hellfire tirés d’un drone. Aucune autre victime n’a été enregistrée, selon la Maison Blanche, alors que la famille du chef d’Al-Qaida se trouvait dans la maison du quartier de Wazir Akbar Khan, en plein centre de la capitale afghane.

Un des architectes du 11-Septembre

Depuis quelques mois, le disciple de Ben Laden était revenu en Afghanistan, a indiqué un haut responsable de l’administration américaine, sous couvert d’anonymat, avant l’annonce présidentielle. Jusque-là, les services de renseignement des Etats-Unis le pensaient caché à la frontière afghano-pakistanaise. Une récompense de 25 millions de dollars avait été offerte par le FBI à qui aiderait à le localiser.

Le président Joe Biden l’a décrit comme l’un des architectes, non seulement des attentats du 11 septembre 2001, qui ont fait près de 3 000 morts, mais aussi de ceux qui les avaient précédés : l’attaque contre le destroyer USS Cole en 2000, contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya (224 morts en 1998). « Zawahiri était constamment avec Ben Laden durant tout ce temps après le 11-Septembre, a-t-il affirmé. De sa cachette, il coordonnait Al-Qaida dans le monde entier. Sa mort constitue un sérieux revers pour Al-Qaida et va détériorer la capacité du groupe à opérer.  »

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via LeMonde

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