Avortement : les entreprises américaines entre soutien et embarras


Des militants du droit à l’avortement brandissent des pancartes et scandent des slogans alors qu’ils manifestent à Washington, le 26 juin 2022, contre la décision de la Cour suprême de revenir sur le droit à l’avortement.

Avec la loi au Texas prohibant depuis 2021 l’avortement au-delà de six semaines et la fuite dans la presse, début mai, de la décision de la Cour suprême des Etats-Unis renvoyant aux Etats la charge de légiférer sur l’accès à l’avortement, les entreprises américaines avaient eu le temps de se préparer. Depuis des semaines, les grandes compagnies de la tech, des médias ou de la finance ont annoncé qu’elles prendraient en charge les frais de déplacement de leurs salariées, si celles-ci ne peuvent pas avoir accès à un avortement près de leur domicile.

Apple, ATT, Tesla, J.P. Morgan, Citigroup, Starbucks, Uber, Yelp, toutes ont annoncé leur intention de pallier les conséquences de la décision de la Cour suprême. Dans le détail, le plan santé de Netflix offre une enveloppe de 10 000 dollars tout au long de la vie, pour des traitements non couverts dans l’Etat de résidence. Amazon dit prendre en charge les déplacements de ses salariés à hauteur de 4 000 dollars par an.

Cette liste de noms cache des grands muets. Lorsque la décision est tombée vendredi 24 juin, McDonald’s, PepsiCo, Coca-Cola, General Motors, Tyson et Marriott n’ont pas répondu aux sollicitations de l’agence AP, tout comme Walmart. Le premier employeur du pays avec 1,7 million de salariés est particulièrement implanté dans le sud du Midwest, cette région où l’avortement va devenir très largement interdit. Disney, qui a maille à partir avec l’Etat conservateur de Floride, a attendu l’arrêt pour communiquer sur sa prise en charge des déplacements des femmes. Si la plupart des assurances des grandes entreprises couvrent les frais médicaux d’avortement, 10 % des salariés américains sont sous un plan qui l’interdit explicitement dans la plupart des cas, selon une enquête 2019 de la Kaiser Family Foundation.

« Prendre position »

« Les avantages médicaux commencent soudainement à devenir très politiques, et cela oblige les employeurs à prendre position », déclare au Wall Street Journal (WSJ) le courtier en assurance Michael Turpin (USI Holdings). Les entreprises doivent aussi trouver un équilibre entre l’émotion, les revendications de leurs employés et de certains de leurs clients choqués et leurs interlocuteurs républicains ; ces derniers approuvent à 78 % la décision de la Cour suprême, selon un sondage CBS, tandis que le rejet global de la population est de 59 %. La Business Roundtable, qui représente certaines des entreprises les plus puissantes du pays, a déclaré au Washington Post qu’elle « n’a pas de position sur le fond de l’affaire ».

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via LeMonde

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