Ayman Al-Zawahiri, une vie entière dévouée au djihad


Ayman Al-Zawahiri, sur une vidéo diffusée par Al-Qaida, le 8 juin 2011.

Ayman Al-Zawahiri est la figure de l’islam radical et djihadiste ayant connu, jusqu’à sa mort annoncée mardi 2 août par le président américain, Joe Biden, la plus grande longévité. Sa vie recouvre, à elle seule, toutes les mutations du djihadisme contemporain, de son essor en Egypte dans les années 1970, jusqu’au triomphe des talibans, de retour au pouvoir à Kaboul depuis août 2021, où vivait le chef d’Al-Qaida, tué dans une frappe de drone américain ayant visé le balcon de la demeure où il vivait à Kaboul, sous la protection de ses hôtes afghans.

« De toutes les figures de la mouvance djihadiste internationale, c’est l’Egyptien Ayman Al-Zawahiri qui illustre le mieux l’histoire de l’islamisme radical sunnite contemporain, écrit le chercheur Stéphane Lacroix, spécialiste des mouvements islamistes, dans Al-Qaida dans le texte (PUF, 2008). Trente ans durant il va, depuis l’Egypte, l’Afghanistan, le Soudan – entre autres –, poursuivre un unique objectif », instaurer le règne de l’islam en Egypte, avant de donner, par « un revirement spectaculaire », la priorité à la lutte contre les Etats-Unis et l’Occident chrétien, accusés de faire la guerre à l’Islam.

Diplômé de médecine à 23 ans

Ayman Al-Zawahiri est issu d’une lignée de religieux, faisant de lui un rejeton de l’aristocratie islamiste. Il est né en 1951, au Caire, au sein d’une famille de la bourgeoisie sunnite, dont l’ascendance est doublement riche en hommes de religion engagés auprès de la confrérie des Frères musulmans, depuis sa fondation par l’instituteur Hassan Al-Banna en 1928 à Ismaïliya, au bord du canal de Suez. Son grand-oncle paternel était imam de la prestigieuse université religieuse d’Al-Azhar tandis que son grand-père maternel, un religieux, était, entre autres, le fondateur de l’université du roi Saoud à Riyad, en Arabie saoudite, où se sont réfugiés nombre de Frères musulmans après le début de leur répression par le régime de Gamal Abdel Nasser, en 1954. Brillant élève et étudiant − il décroche son diplôme de médecine à l’âge de 23 ans –, plutôt réservé et pieux, Ayman Al-Zawahiri entre en politique dès l’adolescence.

En 1966, il rejoint une cellule clandestine des Frères musulmans et se fixe un objectif : le renversement du régime. La date n’est pas indifférente. Elle correspond à la condamnation à mort et à l’exécution du penseur fondamentaliste égyptien Sayyid Qotb, généralement considéré, avec le Pakistanais Abou Alaa Al-Mawdoudi, comme l’inspirateur des mouvements djihadistes sunnites. Qotb a théorisé la violence, comme réponse à la répression impitoyable et aux tortures que subissent les Frères musulmans – et lui-même – dans les prisons du régime nassérien.

Il vous reste 83.98% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess