« Beergate » : Keir Starmer, le chef des travaillistes britanniques, prêt à démissionner en cas d’amende


Keir Starmer, chef du Parti travailliste, annonce, lors d’une conférence de presse au QG du Labour, à Londres, le 9 mai 2022, qu’il quitterait ses fonctions si la police le sanctionnait pour violations des règles sanitaires, il y a un, à Durham, dans le nord-est de l’Angleterre.

Après le « partygate », le « beergate ». Les fêtes en série à Downing Street pendant la pandémie, violations flagrantes des règles sanitaires, ont fait très mal à la crédibilité et à la popularité de Boris Johnson, surtout depuis que le premier ministre britannique a reçu à ce titre une amende de la police de Londres. Mais, depuis quelques jours, c’est son principal opposant politique, Keir Starmer, le chef du Parti travailliste, qui se retrouve au centre de l’attention. En cause, un curry et des bouteilles de bière qu’il a partagés avec ses équipes et des militants du Labour un vendredi soir d’avril, l’an dernier, lors d’un déplacement à Durham (nord-est de l’Angleterre). Lundi 9 mai, l’ex-procureur général pour l’Angleterre et le pays de Galles s’est engagé à démissionner si la police lui imposait une amende pour avoir participé à ce dîner tardif, alors que les restrictions sanitaires s’appliquaient encore en Angleterre.

Sur une photographie plutôt floue, parue dans le Sun il y a presque un an, on devine derrière une fenêtre allumée la silhouette de M. Starmer une bouteille de bière à la main, entouré d’autres personnes manifestement en train de manger. Pendant des mois, ce tabloïd très à droite a tenté de monter le sujet en épingle, tandis que l’état-major du Labour y prêtait à peine attention, tout occupé à critiquer Boris Johnson à propos du « partygate » – le premier ministre a participé à au moins quatre fêtes, entre 2020 et 2021, qui font l’objet d’enquêtes de Scotland Yard.

« La seule décision possible »

Mais le cliché de Durham a brusquement pris les proportions d’un scandale (le « beergate »), quand la police de Durham a annoncé l’ouverture d’une enquête le 6 mai. Après avoir appelé Boris Johnson à la démission, Keir Starmer, qui se pose en politicien intègre face à un premier ministre « qui prend les Britanniques pour des idiots », n’avait plus vraiment le choix. Lundi, il a donc joué quitte ou double, s’engageant à démissionner si la police de Durham venait à conclure qu’il a violé les règles sanitaires. « Si la police décide de m’imposer une amende, évidemment que je prendrai la seule décision possible dans ces cas-là, et je démissionnerai. Les Britanniques méritent d’avoir des responsables politiques qui estiment que les règles s’appliquent aussi à eux », a déclaré M. Starmer lors d’une conférence de presse improvisée.

« Je crois dans l’honneur, l’intrégrité et le principe selon lequel ceux qui définissent les lois doivent s’y tenir. Et je crois que les politiques qui ne respectent pas ces principes affaiblissent la démocratie et notre pays », a ajouté l’ex-avocat, 59 ans, qui tente depuis deux ans de tourner la page de l’ère Corbyn, son prédécesseur à la tête des travaillistes, avec un programme au centre. Son pari est audacieux : si la police de Durham le blanchit, Keir Starmer pourra peaufiner son image d’homme de principes, et insister, sans retenue, sur le contraste avec un Boris Johnson prêt à tout pour rester à Downing Street. Si l’amende tombe, il devra s’effacer et le Labour perdra un chef, qui avait de bonnes chances de gagner les prochaines élections générales (d’ici à 2024) et d’en finir avec plus de douze ans de conservatisme.

via LeMonde

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