Ben & Jerry’s ne vendra plus ses glaces dans les territoires palestiniens occupés par Israël

A Jérusalem (Israël), le 20 juillet 2021.

Le communiqué est rédigé dans une police aux lettres rondes et enfantines, sur fond de nuages azur, caractéristiques de l’univers de la marque américaine. Il n’en est pas moins hautement politique : « Ben & Jerry’s va mettre fin aux ventes de nos glaces dans les territoires palestiniens occupés », a annoncé l’entreprise lundi 19 juillet, car cela « est incompatible avec nos valeurs ». Les célèbres crèmes glacées continueront à être vendues en Israël, « sous un autre arrangement », elles ne seront juste plus distribuées dans les colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, illégales aux yeux du droit international.

L’exercice risque de s’avérer périlleux : la plupart des grandes chaînes de supermarché du pays, principaux distributeurs de crème glacée, travaillent aussi dans les colonies. Pour l’instant, l’entreprise américaine a simplement fait savoir qu’elle ne renouvellera pas la licence du sous-traitant israélien avec qui elle travaillait depuis 1987 lorsque celle-ci expirera, fin 2022.

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En Israël, la riposte a été immédiate. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, la ministre de l’économie, Orna Barbivai, est filmée ouvrant son congélateur pour y prendre un pot Ben & Jerry’s et le balancer à la poubelle. Le premier ministre, Naftali Bennett, a promis au PDG d’Unilever, propriétaire de la marque, de « sévères conséquences, y compris sur le plan légal » dans un coup de fil indigné mardi matin. Israël assimile cette annonce à un soutien au mouvement international Boycott, désinvestissement, sanction (BDS), qui s’oppose à l’occupation israélienne en prônant le boycott d’entreprises israéliennes ou étrangères opérant dans les territoires palestiniens occupés.

« Plus de 30 Etats aux Etats-Unis ont passé des législations anti-BDS ces dernières années. J’entends demander à chacun d’entre eux d’appliquer ces lois contre Ben & Jerry’s », a ainsi mis en garde le ministre des affaires étrangères israélien, Yaïr Lapid, qualifiant au passage la décision de « reddition honteuse à l’antisémitisme » – la marque de crèmes glacées a été créée par deux Américains juifs.

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Prises de position fortes

L’Etat hébreu espère, à terme, faire plier l’entreprise, comme ce fut le cas pour Airbnb. En 2018, le géant de la location entre particuliers sur Internet annonçait retirer de son site les biens situés dans les territoires occupés, pour finalement rétropédaler, quelques mois plus tard, sous la pression d’organisations juives américaines qui l’ont accusée de « discrimination religieuse » devant un tribunal fédéral aux Etats-Unis. Selon un rapport cité par le journal israélien Yediot Aharonot, les produits Ben & Jerry’s représentaient en mai 49 % du marché des crèmes glacées en Israël.

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via LeMonde

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