Biélorussie : deux journalistes condamnées à deux ans de prison pour leur couverture du mouvement de contestation

Daria Tchoultsova et Katerina Bakhvalova, à Minsk, le 18 février. Daria Tchoultsova et Katerina Bakhvalova, à Minsk, le 18 février.

Deux journalistes biélorusses ont été condamnées, mercredi 17 février, à deux ans de prison ferme avoir pour avoir participé par leur couverture au mouvement de contestation de 2020 en Biélorussie, a rapporté la chaîne de télévision Belsat, leur employeur.

Daria Tchoultsova et Katerina Bakhvalova, correspondantes de cette chaîne d’opposition établie en Pologne, avaient été arrêtées par la police antiémeute le 15 novembre dans un appartement d’où elles venaient de filmer la violente dispersion d’une manifestation en hommage à Roman Bondarenko, un militant d’opposition tué quelques jours auparavant.

« J’ai montré ces événements à l’antenne et on me jette en prison pour ça, en fabriquant des accusations », avait déclaré mercredi soir Katerina Bakhvalova, dans sa dernière prise de parole avant que la cour ne se retire pour délibérer. Le parquet accusait les deux reporters d’avoir incité la population à manifester illégalement par leur reportage, ce qui a « porté gravement atteinte à l’ordre public ».

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Des milliers d’arrestations

Les deux femmes, âgées de 23 et 27 ans, avaient plaidé non coupable, s’estimant victimes de la répression qui a frappé le vaste mouvement de contestation qui a éclaté après la réélection d’Alexandre Loukachenko en août 2020, un scrutin entaché d’accusations de fraudes massives. Le président biélorusse a été confronté pendant des mois à des protestations sans précédent. Les autorités ont réprimé le mouvement, le réduisant largement au silence à force d’arrestations, marquées aussi par des violences policières.

Toutes les figures de l’opposition sont emprisonnées ou en exil et des milliers de manifestants ont été arrêtés. De nombreux médias ont également subi la répression.

Le pouvoir biélorusse a mené encore mardi de nouvelles perquisitions qui ont visé une vingtaine de journalistes, de militants associatifs et de responsables syndicaux, dans le cadre d’une enquête sur le mouvement de contestation de 2020. Soutenu par Moscou, M. Loukachenko refuse pour sa part de quitter le pouvoir et n’a promis que de vagues réformes constitutionnelles pour tenter de calmer la protestation.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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