Biélorussie : violente répression après la mort d’un officier du KGB

Manifestation de soutien à Andreï Zeltser, à Kiev (Ukraine), le 29 septembre 2021.  L’opposant biélorusse a été tué la veille. Il aurait abattu Dmitri Fedosiouk, un officier du KGB, les services de sécurité de la Biélorussie.

La mort d’un officier du KGB, les services de sécurité biélorusses, mardi 28 septembre, a relevé d’un cran le niveau de violence dans le pays, qui traverse une crise politique inédite depuis un peu plus d’un an. Dmitri Fedosiouk aurait été mortellement blessé lors d’une opération visant à arrêter un « criminel particulièrement dangereux », selon un communiqué du KGB. Depuis le début du mouvement de contestation contre le régime d’Alexandre Loukachenko, les défenseurs des droits de l’homme décomptent plusieurs morts dans les rangs des opposants. Pour les autorités, Dmitri Fedosiouk est la première victime.

L’homme qui l’aurait abattu au fusil de chasse, lui-même tué peu après, s’appelait Andreï Zeltser. Ingénieur chez Epam, une importante société de créations de produits numériques, il était également partisan du mouvement d’opposition, comme l’ont confirmé ses proches et le contenu de son compte Instagram. Il possédait un fusil de chasse en tant que membre de la société des chasseurs et pêcheurs. Son épouse, présente au moment de l’intervention dans leur immeuble résidentiel de Minsk, la capitale, a été arrêtée. Les deux hommes, tous deux mariés et pères de famille, avaient 31 ans.

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L’épisode, qui repose sur la seule version des autorités biélorusses, a férocement tendu les relations entre les soutiens du régime et ses opposants. La mémoire de l’officier a été honorée dans l’imposant bâtiment officiel du KGB, dans le centre-ville de Minsk, tandis que celle d’Andreï Zeltser a été célébrée par des membres de la diaspora biélorusse en Ukraine et en Pologne. Les discussions sur les réseaux sociaux et les chaînes de l’application de messagerie Telegram sont particulièrement haineuses, d’un côté comme de l’autre.

Des dizaines d’arrestations

Dans les heures qui ont suivi la nouvelle, de nombreux proches du régime ont dénoncé la « ligne rouge » franchie par le mouvement d’opposition, allant jusqu’à menacer ceux qui se trouvent à l’étranger. Alexandre Loukachenko, réélu frauduleusement pour un sixième mandat en août 2020, a assuré que la mort de l’officier « ne restera pas impunie ».

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De son côté, le vice-ministre de l’intérieur, Nikolaï Karpenkov, a tenu un discours martial et a promis que, désormais, lors des prochaines interventions des forces de sécurité, si « [celles-ci] ne vo[ient] pas les mains levées, l’ennemi sera détruit ». A plus court terme, il a également déclaré que ceux qui profèrent des propos négatifs ou moqueurs à l’égard de l’officier tué « ne méritent que la destruction physique ».

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via LeMonde

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