Birmanie : Facebook ferme à nouveau des pages de l’armée

Un manifestant birman expatrié en Thaïlande proteste contre le coup d’Etat, le 22 février.

Facebook a supprimé, ce 21 février, la page principale de l’armée birmane, estimant qu’elle enfreignait les règles du réseau social sur l’incitation à la violence. La page « Tatmadaw True News » – « Tatmadaw » étant l’un des noms de l’armée birmane – n’est, désormais, plus accessible sur Facebook.

Depuis le coup d’Etat du 1er février et le renversement du gouvernement élu d’Aung San Suu Kyi, les affrontements entre l’armée et les manifestants – qui ont encore fait deux morts samedi à Mandalay, la deuxième ville de Birmanie – se prolongent sur Facebook. Le réseau social joue un rôle particulièrement important dans le pays, où il est utilisé par la quasi-totalité des habitants. Pour une part importante de la population birmane, « Internet, c’est Facebook », notent depuis des années les spécialistes du pays.

Lire aussi Crise des Rohingya : l’épineuse gestion de Facebook, massivement utilisé en Birmanie

Pendant plusieurs années, le réseau social a aussi été la principale plate-forme utilisée par l’armée pour diffuser des appels à la violence ou au génocide contre la minorité musulmane rohingya. Plusieurs enquêtes de presse ont montré que les militaires birmans avaient utilisé sans encombres le réseau social pour diffuser massivement des appels à la haine, parfois en utilisant de faux comptes. En 2018, Marzuki Darusman, le président de la mission internationale mandatée par l’ONU pour enquêter sur les violations de droits humains en Birmanie, avait estimé que Facebook avait « substantiellement contribué au niveau d’animosité, aux dissensions et au conflit », du fait de la diffusion de « discours de haine ».

Manquements de la modération

Mis en cause par une enquête de l’agence de presse Reuters qui révélait qu’à l’époque Facebook ne comptait que quatre modérateurs lisant le birman, le réseau social avait promis de renforcer considérablement ses effectifs et expliqué une partie de ses erreurs par le fait que les caractères de l’alphabet birman étaient mal interprétés par ses logiciels de détection automatique des messages haineux. Le réseau social avait également supprimé plus de 400 pages liées à l’armée birmane.

Lire sur le sujet : En Birmanie, l’échec de Facebook contre l’incitation à la haine et les fausses informations

Ce 3 février, c’est l’armée birmane, inquiète de la manière dont les manifestants contre le coup d’Etat utilisaient Facebook pour s’organiser, qui a bloqué temporairement le réseau social. La junte avait limité l’accès à Internet dans l’ensemble du pays et coupé totalement l’accès à Facebook et WhatsApp pendant plusieurs jours.

Facebook avait annoncé, ce 11 février, une série de nouvelles mesures visant explicitement la junte et notamment de nouvelles limites à la diffusion des messages publiés par les comptes de l’armée.

Lire aussi Facebook a démantelé une opération de désinformation menée par un opérateur télécom birman

Le Monde

via LeMonde

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