Birmanie : les forces de sécurité dispersent violemment des manifestations, trois morts selon des médias

De nouveaux rassemblements de protestation contre le coup d’Etat militaire en Birmanie ont été violemment dispersés, dimanche 28 février, par les forces de sécurité, des médias et des sources locales faisant état de trois manifestants tués. Les autorités ont graduellement intensifié l’usage de la force pour les disperser, avec des gaz lacrymogènes, canons à eau, balles en caoutchouc et parfois des balles réelles.

Dimanche matin, les forces de sécurité étaient mobilisées en nombre pour disperser très vite les foules qui se rassemblaient en réponse à un appel à de nouvelles manifestations. Trois personnes ont péri et une vingtaine d’autres ont été blessées quand les autorités sont intervenues contre un rassemblement dans la ville côtière de Dawei, dans le sud du pays, selon un travailleur de santé et des médias locaux.

« Tirs à balles réelles »

Pyae Zaw Hein, volontaire auprès des secouristes, a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) que les trois morts avaient été « touchés par des tirs à balles réelles », alors que les blessés avaient été atteints par des tirs de balles en caoutchouc. « Il pourrait y avoir beaucoup plus de victimes car nous continuons de recevoir des blessés », a-t-il ajouté.

Le média local Dawei Watch a également fait état de trois morts.

A Rangoun, les forces de sécurité ont aussi très vite dispersé une manifestation. Mais on ignore si des tirs à balles réelles ont eu lieu. « La police a commencé à tirer dès que nous sommes arrivés, a déclaré à l’AFP Amy Kyaw, une institutrice de 29 ans. Il n’y a pas eu un mot d’avertissement. Certains ont été blessés et certains sont toujours en train de se cacher dans les maisons du quartier. » Des retransmissions en direct sur les réseaux sociaux montraient les forces de sécurité utilisant des gaz lacrymogènes contre la foule à Rangoun ainsi que des canons à eau dans la ville de Mandalay, plus au nord.

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La veille, la junte a démis de ses fonctions son ambassadeur aux Nations unies, au lendemain de sa rupture spectaculaire avec le pouvoir militaire, qui a intensifié la répression des manifestants dans le pays. Ce dernier est secoué par une vague de manifestations prodémocratie et une campagne de désobéissance civile depuis le putsch qui a renversé la dirigeante civile, Aung San Suu Kyi, le 1er février.

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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