Boris Johnson : la course à la succession se resserre chez les conservateurs

La course au remplacement de Boris Johnson se resserre, sans pour autant qu’un candidat n’ait encore pris d’avantage décisif. Jeudi 14 juillet, à l’issue d’un deuxième tour de votes au sein du collège des députés conservateurs britanniques, seuls cinq prétendants à la présidence du parti majoritaire à la Chambre des communes – donc, à la fonction de premier ministre du Royaume-Uni – restaient en lice.

Rishi Sunak, l’ex-chancelier de l’Echiquier, dont la démission, le 5 juillet, a donné le coup de grâce à un Boris Johnson affaibli par les scandales, arrive en tête, avec 101 voix. Mais la secrétaire d’Etat au commerce, Penny Mordaunt, quasi inconnue du grand public, en comptabilise 83 et bénéficie d’une étonnante dynamique, tandis que la troisième sérieuse candidate au poste suprême, la ministre des affaires étrangères, Liz Truss, a engrangé 64 soutiens.

Kemi Badenoch et Tom Tugendhat, les deux surprises de cette primaire interne, sont probablement désormais trop loin derrière, avec respectivement 49 et 32 voix, pour se maintenir lors des tours de votes qui auront encore lieu chaque jour, à partir du 18 juillet, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que deux candidats. Il reviendra ensuite aux 180 000 membres du Parti conservateur de départager le duo, au mois d’août – le résultat définitif est attendu pour le 5 septembre.

Lequel des trois favoris – Rishi Sunak, Penny Mordaunt ou Liz Truss – fera son entrée à Downing Street ? Personne ne se risque à un pronostic définitif dans cette campagne ultra-rapide, caractérisée pour l’heure par l’amertume des échanges et la pauvreté des débats.

Patriotisme ostentatoire

Rishi Sunak, 42 ans, mise sur son expérience au gouvernement et son sérieux – il ne promet de baisser les impôts des Britanniques que lorsque l’inflation sera maîtrisée. A son corps défendant, ce brexiter convaincu est devenu le candidat de l’aile modérée du parti. Les fidèles de Boris Johnson font tout pour le mettre en échec, lui reprochant d’avoir instrumentalisé sa chute. Nadine Dorries, la ministre de la culture, l’accuse d’avoir participé à un « coup » pour pousser le premier ministre au départ.

Jacob Rees-Mogg, ministre chargé des opportunités du Brexit, a aussi, sans rire, qualifié de « socialiste » M. Sunak, un ex-gérant de fonds spéculatifs et l’un des plus riches politiciens du pays. Bizarrement, c’est Liz Truss, 46 ans, ex-partisane du maintien dans l’Union européenne, qui a le soutien de l’aile droite du parti. Il faut dire qu’elle a défendu avec zèle le Northern Ireland Protocol Bill, ce projet de loi remettant en cause des pans importants du traité du Brexit, en rupture, selon Bruxelles, avec les engagements internationaux du pays.

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via LeMonde

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