Boris Johnson : « Une contre-offensive ukrainienne devrait être soutenue »


Boris Johnson, le premier ministre britannique, au 10 Downing Street, à Londres, le 13 mai 2022.

Recevant dans un salon de réception de Downing Street qui fut le bureau de Margaret Thatcher, Boris Johnson a expliqué sa position sur l’Ukraine, le Brexit et la question migratoire à quelques jours des sommets du G7, en Bavière, et de l’OTAN, à Madrid.

Différentes approches sont apparues entre les alliés occidentaux sur la manière de mettre fin à la guerre en Ukraine. Craignez-vous que certains pays fassent pression pour une solution négociée et rapide ?

Il y a effectivement un risque de « fatigue » à l’égard de l’Ukraine, un risque que les gens perdent de vue qu’il s’agit d’un combat absolument vital pour nos valeurs. Je pense aux flambées inflationnistes dans nos pays, au coût de l’énergie, des denrées alimentaires qui ont incontestablement un impact sur la patience de nos populations. Nous devons continuer à aider les Ukrainiens à résister.

Nous ne pouvons pas être plus ukrainiens qu’eux, ce sont eux les victimes de l’agression de Poutine, c’est à eux de décider. Mais, si vous allez en Ukraine, si vous parlez aux Ukrainiens, au président Zelensky, vous repartirez avec l’impression écrasante qu’ils ne céderont pas leur territoire pour la paix. Ils ne veulent pas accepter un conflit gelé, une situation où Poutine est capable de continuer à les menacer de nouvelles violences et agressions. C’est pourquoi j’ai été si satisfait lorsque mes trois amis Emmanuel [Macron], Mario [Draghi, président du conseil italien] et Olaf [Scholz, le chancelier allemand] sont repartis de Kiev [le 16 juin], avec l’idée que l’Ukraine devait gagner cette guerre.

Vous répétez que Poutine doit échouer, mais que signifie « échec » dans le cas d’une puissance nucléaire comme la Russie ?

C’est un point très important. Quand nous disons que Poutine doit échouer, aucun de nous ne fait de commentaire sur la politique russe. Nous ne nous opposons pas à Poutine en tant que président de la Russie, mais à Poutine dans la mesure où il a envahi un pays de manière totalement injustifiée. Ce que j’entends par échec, c’est que ses forces doivent être expulsées des régions d’Ukraine envahies, nous devons revenir au moins au statu quo d’avant le 24 février. Comment y parvenir ? Nous sommes à un moment de bascule. Dans le Donbass et l’est de l’Ukraine, les armées de Poutine progressent lentement, font subir d’horribles dégâts aux villes ukrainiennes et aux populations civiles, mais avec des dépenses extrêmes en troupes et en armes de haute précision.

Selon nos services de renseignement, la Russie pourrait arriver à un point, dans les prochains mois, où elle aura utilisé tant de matériel et perdu tant d’hommes qu’elle commencera à épuiser ses propres ressources. Il y aura alors une possibilité d’aider les Ukrainiens non seulement à se protéger des nouvelles avancées russes, mais à renverser la vapeur. C’est ce que je ferai valoir au G7. Dans la mesure où les Ukrainiens peuvent être capables de monter une contre-offensive, elle devrait être soutenue par l’équipement qu’ils nous réclament.

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via LeMonde

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