Brexit : le Royaume-Uni conclut un accord commercial historique avec l’Australie

Le premier ministre britannique, Boris Johnson (à droite), marche avec le premier ministre australien, Scott Morrison, après leur rencontre, dans le jardin du 10 Downing Street, à Londres, mardi 15 juin 2021.

Après l’Union européenne, le Japon et la Norvège, le Royaume-Uni a conclu mardi 15 juin un accord commercial post-Brexit avec l’Australie, qui doit lui ouvrir les portes de la région Asie-Pacifique, malgré les inquiétudes des éleveurs britanniques. Il s’agit du premier accord obtenu par Londres à ne pas être simplement un renouvellement ou une adaptation de ceux qui existent entre l’Union européenne (UE) et d’autres pays.

Cet accord de libre-échange offre « des possibilités fantastiques pour les entreprises britanniques et les consommateurs », s’est enthousiasmé le premier ministre, Boris Johnson, dans un communiqué du 10 Downing Street, vantant une nouvelle fois son concept de « Grande-Bretagne planétaire », à savoir le rayonnement international du Royaume-Uni après la sortie de l’UE. Au-delà du commerce, les deux pays veulent coopérer davantage sur la sécurité, le changement climatique ou la technologie.

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Pas de droits de douane

L’accord devrait être publié dans les prochains jours avant d’être signé. Il permettra à tous les biens britanniques d’entrer en Australie sans droits de douane, et profitera au secteur automobile, au whisky écossais, aux biscuits et aux céramiques. Les échanges commerciaux entre les deux pays représentaient 13,9 milliards de livres en 2020 (16,1 milliards d’euros), année marquée par la pandémie de Covid-19, et ce montant devrait grandir désormais, assure Londres. Le Royaume-Uni était en outre en 2019 le cinquième partenaire commercial de l’Australie.

L’accord veille à protéger les agriculteurs britanniques, qui s’inquiétaient de la concurrence des produits australiens, comme le bœuf et l’agneau, aux normes sanitaires plus souples, assure le communiqué. Le volet agricole avait même créé des tensions jusque dans le gouvernement britannique, entre les ministres du commerce international et de l’agriculture. Est finalement prévue une limite des importations sur le sol britannique sans droits de douane pendant quinze ans, par le biais notamment de quotas. Le gouvernement veut par ailleurs aider les producteurs agricoles britanniques à trouver d’autres débouchés à l’exportation, dont dans la région indo-pacifique.

Avant l’annonce de l’accord, Michael Gove, ministre chargé de coordonner l’action gouvernementale, avait cherché mardi à rassurer le monde agricole. « La majorité des produits australiens vont en Asie, c’est leur marché le plus proche » et « la proportion de viande australienne qui est susceptible d’arriver au Royaume-Uni va être une assez petite partie de leur production globale », a-t-il insisté sur la BBC. « Nous allons maintenir nos normes élevées en ce qui concerne des choses comme le bœuf aux hormones et le poulet [lavé] au chlore », a-t-il ajouté, à l’adresse des consommateurs.

L’accord comprend également un volet sur la circulation des personnes, et permettra aux Britanniques âgés de moins de 35 ans de voyager et de travailler en Australie plus librement.

Ouvrir les portes du Pacifique

Londres espère que cette entente avec l’Australie lui ouvrira plus facilement les portes de l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (ou CPTPP, pour Comprehensive and Progressive Agreement for Trans-Pacific Partnership, en anglais), qui regroupe 11 pays d’Amérique et d’Asie. Ils ont autorisé au début de juin le Royaume-Uni à engager la procédure pour rejoindre cette vaste zone de libre-échange. L’annonce du jour « montre ce que nous pouvons accomplir en tant que nation commerciale souveraine », se félicite Liz Truss, ministre du commerce international.

Le Royaume-Uni a déjà obtenu des accords avec l’Union européenne, de loin son premier partenaire commercial, le Japon et, plus récemment, la Norvège. Il est en discussion avec l’Inde et la Nouvelle-Zélande. Des négociations sont prévues avec le Canada et le Mexique.

Londres compte toujours obtenir par ailleurs un accord commercial avec les Etats-Unis, même si les progrès semblent maigres pour l’heure. Il n’a pas été évoqué dans les comptes rendus de la rencontre entre Boris Johnson et le président américain, Joe Biden, jeudi à la veille du G7 en Cornouailles (sud-ouest de l’Angleterre).

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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