Carto géopo 17/01 – L’alimentation sous tension

Se nourrir n’a jamais été aussi cher. Tel est l’inquiétant constat dressé, fin 2021, par l’Organisation mondiale pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), dans ses bulletins sur l’indice mensuel des prix alimentaires. Cet indice, qui mesure la variation mensuelle des cours internationaux d’un panier de produits de base (céréales, sucre, viande, produits laitiers, huiles…), n’a cessé de grimper pour s’établir à 134,9 points en novembre 2021, avant de connaître une légère diminution (133,7) le mois suivant. Il a ainsi dépassé les pics de 2008, qui avaient contribué à déclencher, un peu partout dans le monde, des « émeutes de la faim ».

Les raisons de cette hausse généralisée sont multiples. Les phénomènes climatiques extrêmes ont bridé les productions des grands pays exportateurs : comme, par exemple, celles de la canne à sucre au Brésil en raison de gelées, du blé au Canada à cause de la sécheresse et aux Etats-Unis à la suite de pluies diluviennes. A cela s’est ajouté les conséquences de la crise sanitaire liée au Covid-19, notamment la limitation des déplacements de travailleurs migrants, provoquant une pénurie de main-d’œuvre. La reprise économique qui a suivi l’assouplissement des mesures de confinement a enfin entraîné des hausses des prix de l’énergie, des matières premières nécessaires aux emballages et du fret maritime, qui se sont répercutées sur les coûts alimentaires.

21 % d’augmentation en un an

Cette inflation mondiale, qui n’est pas visible partout, ni de la même manière, frappe davantage les Etats les plus dépendants, en alourdissant la facture de leurs importations. Elle a aussi exacerbé la vulnérabilité de pays en guerre, plongeant des pans entiers de la population dans la crise alimentaire. La dégradation d’une situation d’insécurité alimentaire à une situation d’urgence, voire de famine, ne peut en effet s’expliquer par la seule hausse des prix des matières premières et de la nourriture. Des facteurs politiques, telles que la guerre et la présence de groupes armés sur un territoire empêchant les agriculteurs de se rendre sur leurs parcelles, voire la stratégie délibérée adoptée par certains Etats pour affamer une région en rébellion, sont ainsi déterminants.

L’inflation complique par ailleurs la tache des organisations chargées de lutter contre la faim. Le prix d’achat des denrées alimentaires par le Programme alimentaire mondial (PAM) a ainsi augmenté de 21 % entre 2020 et 2021, a alerté son économiste en chef, Arif Husain, tandis que les coûts de transport par conteneurs ont été multipliés par quatre.

Il vous reste 42.91% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess