« Ce que montre l’actualité du paysage politique européen, c’est que les forces populistes s’y sont installées sans pour autant arriver à le dominer »

Le premier ministre slovène, Janez Jansa, lors d’une conférence de presse à Strasbourg, le 1er juillet.

La notoriété de Janez Jansa n’avait guère dépassé les frontières slovènes lorsqu’il a pris la tête du gouvernement à Ljubljana, en mars 2020, pour la troisième fois. En novembre, il a eu son quart d’heure de célébrité lorsqu’il a félicité Donald Trump sur Twitter pour sa réélection alors que le reste de l’Europe célébrait sa défaite ; ce fait d’armes a suscité un début de curiosité pour le premier ministre de la petite ex-république yougoslave. Depuis le 1er juillet, l’heure de gloire est arrivée : Bruxelles offre une tribune à cet émule de Viktor Orban, celle de la présidence tournante de l’Union européenne, pour six mois.

Et il s’en sert. Dès le premier jour, il s’est accroché avec l’un des vice-présidents de la Commission européenne, le social-démocrate néerlandais Frans Timmermans, qui s’est vengé en boudant la photo de famille. La présidente, Ursula von der Leyen, a dû rappeler publiquement à Janez Jansa que « la confiance est l’atout le plus précieux » des Européens entre eux. Mardi, au Parlement de Strasbourg, il a eu beaucoup de mal à convaincre les députés européens de sa bonne foi sur l’Etat de droit.

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Janez Jansa est-il le signe d’une consolidation des forces populistes ou, dit autrement, des tenants du courant illibéral en Europe ? On pourrait le croire, à l’issue d’une séquence qui les a placés sur le devant de la scène. Avant que M. Jansa n’y surgisse grâce à la présidence, le premier ministre hongrois, Viktor Orban, et son projet de loi assimilant l’homosexualité à la pédophilie avaient occupé une bonne partie des discussions au dîner du Conseil européen, le 24 juin. La séance a été chaude ; l’UE, on l’aime ou on la quitte, a même lancé en substance le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, excédé, à l’adresse de son collègue hongrois.

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Puis, le 2 juillet, 16 partis de la droite populiste et d’extrême droite ont signé une déclaration commune contre l’orientation politique de l’UE, qu’ils accusent d’être « l’instrument des forces radicales » et de vouloir mener une « transformation civilisationnelle » niant « l’héritage judéo-chrétien » de l’Europe. Parmi les signataires, on retrouve le Rassemblement national de Marine Le Pen, le parti Droit et justice au pouvoir en Pologne, le Fidesz de M. Orban, les Espagnols de Vox et les deux composantes de la droite dure italienne, la Liga, de Matteo Salvini, et les néofascistes Fratelli d’Italia. Pas l’AfD allemande, ni les extrémistes suédois ou roumains.

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via LeMonde

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