Célébration du 9-Mai à Berlin : « Oui, je soutiens Poutine »


Des proches de soldats soviétiques morts durant la seconde guerre mondiale brandissent les portraits de ces derniers et une banderole sur laquelle est inscrit « régiment immortel », devant la porte de Brandbourg, à Berlin, en Allemagne, le 9 mai 2022.

Un casque de vélo sur la tête et une pancarte autour du cou sur laquelle on peut lire : « Poutine, c’est la paix. » Né en Sibérie du temps de l’URSS, installé à Berlin depuis 1996, Alexander Schlegel a les deux nationalités, russe et allemande, mais, ce lundi 9 mai, l’une prend clairement l’ascendant sur l’autre : « En 2018, Poutine a été réélu président avec 76 % des voix. L’an dernier, Olaf Scholz est devenu chancelier, alors que son parti n’a fait que 25 % aux élections. Et c’est l’Allemagne qui donne des leçons de démocratie à la Russie, alors que celle-ci se défend contre un pays rempli de nazis ! »

Planté depuis une demi-heure au milieu du mémorial soviétique de Tiergarten, construit en hommage aux 80 000 soldats de l’Armée rouge tombés lors de la bataille de Berlin, au printemps 1945, ce charpentier de 61 ans serait volontiers resté, s’il n’avait dû libérer la place pour les officiels.

Ceux-ci arrivent un peu avant 11 heures. Il y a là les ambassadeurs de Russie, de Biélorussie, du Kazakhstan, du Kirghizistan, d’Ouzbékistan, du Tadjikistan et du Turkménistan. Derrière, une dizaine de représentants de l’Eglise orthodoxe, barbes grises et kalimavkions noirs sur le chef. Dépôt de gerbes. Minute de silence. Puis ils repartent, tandis qu’un brouhaha, au loin, signale la présence d’une petite foule.

Partie de la porte de Brandebourg, à 300 mètres de là, celle-ci se dirige d’un pas lent vers le mémorial. Environ 500 personnes qui brandissent des photos de parents ou de grands-parents ayant servi dans l’Armée rouge. Apparu en Sibérie occidentale en 2012, ce défilé civil, dit « du régiment immortel », est devenu un élément central des commémorations du 9-Mai dans la Russie de Vladimir Poutine.

Eviter les débordements

Karina, 46 ans, a fait trois heures de route depuis Wismar, au bord de la Baltique, avec les portraits de son grand-père et de son grand-oncle en uniforme. Originaire d’une famille russe de Lettonie, cette « enfant de l’Union soviétique » s’agace quand on l’interroge sur le sens de sa venue dans le contexte de la guerre en Ukraine. « Je ne fais pas de politique. Mais si vous voulez savoir, alors je vous le dis : oui, je soutiens Poutine, car la Russie, comme tout pays menacé – en l’occurrence par l’OTAN depuis des années – a non seulement le droit mais le devoir de se protéger. »

Quelque 1 700 policiers avaient été déployés à Berlin pour que ce 77e anniversaire de la capitulation du IIIe Reich ne donne pas lieu à des débordements. Ceux-ci ont été évités, mais, dans leur souci de maintenir l’ordre public, les autorités municipales ont été accusées d’aller trop loin en interdisant la présence de drapeaux, russes comme ukrainiens.

Il vous reste 18.79% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess