Ces Américains tués par Israël en Palestine

La tournée moyen-orientale du président américain aura été hantée par la mort violente de deux journalistes arabes : Jamal Khashoggi, assassiné à 60 ans dans des conditions atroces, en octobre 2018, au sein du consulat saoudien à Istanbul, et Shireen Abu Akleh, tuée à 51 ans en mai dernier par un tir de l’armée israélienne à Jénine, en Cisjordanie occupée.

Joe Biden avait jugé nécessaire de justifier son déplacement en Arabie saoudite par une tribune publiée dans le Washington Post, le quotidien qui employait Khashoggi, afin de rappeler les sanctions prises contre « quiconque est impliqué dans le harcèlement des dissidents à l’étranger ». En revanche, l’administration démocrate avait décidé d’enterrer l’enquête sur la mort d’Abu Akleh, concluant que le tir mortel « provenait vraisemblablement d’une position israélienne », toutefois « sans raison de croire que cela était intentionnel, mais bien plutôt le résultat de circonstances tragiques ».

De Rachel à Shireen

Shireen Abu Akleh, professionnelle chevronnée, portait pourtant un casque et un gilet pare-balles barré de la mention « presse » en majuscules blanches. La balle a ainsi pénétré avec une précision mortelle dans l’espace très limité laissé sans protection, tuant la journaliste sur le coup. Un tel blanc-seing accordé par la Maison Blanche à l’armée israélienne a d’autant plus choqué que CNN, le Washington Post ou le New York Times avaient publié des enquêtes accablantes sur la responsabilité des forces d’occupation dans cette mort.

Les funérailles de la journaliste palestinienne avaient en outre été perturbées, à Jérusalem-Est, par la violence de la police israélienne, ce qui avait alors suscité le « trouble » à Washington. Mais le plus « troublant » dans l’attitude des Etats-Unis face à ce drame est peut-être qu’Abu Akleh détenait la nationalité américaine. Et que la relative indifférence de l’administration Biden s’inscrit dans une histoire, longue de deux décennies, de profil bas de Washington face à la mort violente de ressortissants américains dans les territoires palestiniens sous occupation israélienne.

Rachel Corrie, une militante pacifiste de 23 ans, a été écrasée, en mars 2003, par un bulldozer de l’armée israélienne à Rafah, dans la bande de Gaza. Originaire de l’Etat de Washington, elle a payé de sa vie sa conviction qu’une mobilisation non violente, exposant son corps sans défense, pouvait suffire à empêcher la démolition d’une maison palestinienne. Les autorités israéliennes ont affirmé avec constance qu’il s’agissait d’un accident, le chauffeur du bulldozer n’ayant pas vu la militante, pourtant dressée devant son engin.

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via LeMonde

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