CES de Las Vegas : après les avions et les voitures, Dassault Systèmes veut modéliser le corps humain

Le stand Dassault Systèmes, au Consumer Electronics Show de Las Vegas, le 5 janvier 2022.

Dassault Systèmes n’a pas attendu la mode du « métavers » pour s’intéresser aux mondes virtuels. Depuis sa fondation en 1991, l’éditeur de logiciel français propose à ses clients les outils pour modéliser en 3D les produits qu’ils projettent de concevoir et simuler leur cycle de vie. Connue pour ses solutions dans l’automobile, l’aérospatial et l’industrie, la société française l’est moins pour son activité dans un domaine qu’elle explore pourtant depuis une petite dizaine d’années : celui du vivant.

A l’occasion du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas, le plus grand salon mondial en matière d’innovation technologique, qui se tenait du 5 au 7 janvier, elle a présenté, pour la première fois au grand public, le résultat d’un travail long de sept ans qui lui a permis de réaliser le double numérique d’un cœur humain. La reproduction n’est pas uniquement formelle, elle intègre les connaissances sur le fonctionnement de l’organe : comment agissent les muscles et les fibres au sein du cœur, comment le courant électrique y circule, quelles sont les réactions connues aux médicaments, etc.

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Pour parvenir à ce résultat, plusieurs centaines de scientifiques, de praticiens, d’industriels de la santé à travers le monde ont partagé leur expertise sur une plate-forme commune. A partir de ce socle de connaissances, Dassault Systèmes a d’abord recréé sous une forme numérique un cœur sain, puis rendu possible la capacité de le déformer à l’envi pour modeler de manière fidèle le cœur de patients. Pour l’instant, il faut compter une journée pour réaliser cette opération, mais cette durée est appelée à être réduite à une poignée de minutes dans les prochaines années.

Les débouchés de la solution sont nombreux : préparer des opérations, dessiner sur-mesure des implants, mais aussi réaliser des essais cliniques en s’appuyant sur une base de données de patients dont le cœur a déjà été dupliqué dans le monde virtuel.

Un champ infini de possibilités

« Quand on s’est lancé dans cette aventure, personne, en dehors de nous, n’y croyait vraiment, témoigne le docteur Steven Levine, qui a piloté le projet. Aujourd’hui, on a prouvé que le produit est prêt et, dans l’avenir, pas un seul test clinique ne sera réalisé sur des patients sans test virtuel préalable », poursuit le scientifique en soulignant que l’initiative bénéficie du soutien de la Food and Drug Administration), qui gère, aux Etats-Unis, toutes les autorisations de mise sur le marché de médicaments. Des sociétés telles que Abbott ou Phillips utilisent déjà le produit.

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via LeMonde

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