« Chez nous, la peur du virus est partie » : à Serrana, au Brésil, 98 % des adultes sont vaccinés contre le Covid-19

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Publié aujourd’hui à 01h49

Et, soudain, fini, le vacarme des ambulances. Fini, les masques et le gel hydroalcoolique. Sur les places publiques, à l’ombre des grands arbres au tronc barbu, amis et familiers se retrouvent en se faisant la bise, voire un gros câlin. Bistrots et restaurants sont ouverts. On y boit des bières bien fraîches, en toute insouciance, en intérieur comme en terrasse.

Dans le cadre d’une experience pilote à l’initiative de l’Institut Butantan, 98% de la population adulte de la ville a été vaccinée et la baisse des décès dus au Covid-19 est de 95%. La vie reprend un cours normal.

Ceci n’est pas un film d’archive venu du « monde d’avant », mais le quotidien bien réel d’une petite ville brésilienne. Serrana, situé dans l’intérieur de l’Etat de Sao Paulo, offre au visiteur de passage, en ce mois de juin, un visage quasi surréaliste : celui d’une véritable oasis, dans un pays ravagé par l’épidémie de Covid-19, qui y a fait plus de 475 000 morts.

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Mais cette décontraction n’est en rien le fruit d’une inconscience collective : à Serrana, 98 % de la population adulte est aujourd’hui vaccinée contre le Covid-19. La ville a, en effet, servi, ces derniers mois, de cité pilote à l’Institut Butantan, équivalent local de Pasteur, placé sous l’autorité de l’Etat de Sao Paulo. Avec pour résultat une chute spectaculaire des infections, des hospitalisations et des décès.

Marjory Augusto Souza, 30 ans, n’est pas vacciné. Il se promène sans masque avec son frère, Alisson Grabriel Souza, 31 ans, qui, lui, a été vacciné avec le Coronavac, à Serrana (Brésil), le 3 juin 2021.

« Capitale de la vaccination »

« On est fiers ! On est la capitale de la vaccination ! Le monde entier nous connaît ! », plastronne Alisson, pédalant doucement à vélo avec son frère Marjory dans une rue près de la mairie. Pour leur balade, les deux jeunes trentenaires, tatoués, marcel, casquette et tongs, ont laissé leur masque à la maison. « Ici, la vie est redevenue normale. On s’embrasse. Il y a même pas mal de fêtes », résume Alisson.

Et pour cause : entre février et mai 2021, à Serrana, le nombre de décès liés au Covid-19 a plongé de 95 %, celui des hospitalisations de 86 % et celui des cas symptomatiques de 80 %, selon le Butantan. Des chiffres impressionnants, d’autant qu’à peine 4 % des receveurs ont présenté des effets secondaires notables (maux de tête, douleurs musculaires, etc.). « Moi, j’ai quand même senti fièvre, diarrhée et essoufflement », note Alisson.

« Chez nous, la peur du virus est partie », se réjouit, pour sa part, Julia, 23 ans, qui surveille des enfants jouant dans le gravier près d’une petite église peinte en bleu et blanc. A quelques mètres, en ce 3 juin, des dizaines de fidèles célèbrent ensemble la Fête-Dieu, tous masqués. « Mais ils ne le mettent que parce qu’on les a forcés. A peine sorti, tout le monde enlève son masque ! », rigole Julia.

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via LeMonde

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