Chine : les difficultés de la reprise de l’activité sous confinement


Des employés d’une organisation de service public livrent des légumes aux habitants d’un quartier en confinement, dans le district de Jing’an, à Shanghaï, le 29 mars 2022.

Faurecia fait partie des heureux élus : le fabricant français de composants automobiles a été intégré à la liste des 666 entreprises autorisées par la municipalité de Shanghai à reprendre la production à partir de cette semaine. Le début d’un parcours d’obstacles pour l’entreprise : « La complexité, c’est que l’automobile fonctionne avec des chaînes d’approvisionnement à quatre ou cinq niveaux, explique François Tardif, vice-président exécutif de Faurecia en Chine. Dans la première liste, ils ont autorisé les constructeurs automobiles et leurs fournisseurs de niveau un, c’est-à-dire, trois usines pour nous. Mais nous avons aussi des usines de niveau deux qui n’ont pas été identifiées. Par exemple, notre usine d’assemblage final de sièges est autorisée à fonctionner, mais pas celle qui produit l’armature métallique des sièges. On a dû faire une demande pour celle-là. Chaque situation devient un cas particulier, à résoudre : les équipes passent des heures à organiser un transport d’une pièce, d’un fournisseur à chez nous, ou de chez nous à un constructeur », développe M. Tardif.

Après trois semaines de confinement strict pour la capitale économique chinoise, le coût apparaît de plus en plus lourd, et se répercute sur les chaînes d’approvisionnement à travers tout le pays. A Shanghai, la plupart des entreprises ont dû suspendre leur production plusieurs semaines, y compris Tesla, Volkswagen, ou Pegatron, un sous-traitant d’Apple qui assemble les iPhones. Pour tenter de limiter les dégâts, le gouvernement central a décidé, vendredi 15 avril, d’autoriser quelques centaines d’entreprises à reprendre le travail, dans les secteurs stratégiques de la chimie, du médical des semi-conducteurs et de l’automobile.

Car l’économie chinoise est grippée : lundi 18 avril, Pékin a bien annoncé une croissance de 4,8 % au premier trimestre, mais les experts estiment que l’activité a commencé à chuter à partir de mars, lorsque plusieurs villes, comme Shenzhen dans le Sud, ou Changchun, grand centre de production industrielle, dans le Nord-Est, ont imposé des confinements stricts. Avec celui de Shanghai en avril, l’impact devrait être encore plus important. Lundi soir, la banque centrale de Chine a annoncé une série de mesures pour encourager les institutions financières à soutenir les entreprises, le secteur immobilier en difficultés, et à financer les projets d’infrastructures des gouvernements locaux, qui seront utilisés pour soutenir la croissance. Une relance qui n’aura d’effets que si l’activité n’est pas empêchée par les confinements.

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via LeMonde

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