Climat : Poutine engage la Russie dans la voie de la décarbonisation, « au plus tard en 2060 »

Feu de forêt au bord de la rivière Yenisei, près de la ville sibérienne de Krasnoyarsk, le 21 avril 2011.

Après bien des tergiversations, le cap est donné. « La Russie s’efforcera d’atteindre la neutralité carbone de son économie. Et nous avons fixé un objectif concret, au plus tard en 2060 », a annoncé, mercredi 13 octobre, Vladimir Poutine. A la tribune d’un forum sur l’énergie à deux pas du Kremlin, le président russe s’est montré en surprenant défenseur de l’environnement. « La sécurité écologique de la planète nécessite une action responsable pondérée de tous les acteurs du marché », a-t-il insisté, se déclarant prêt à « une coopération constructive, étroite et en confiance ». Une nette clarification de la position russe à la veille de la conférence des Nations unies sur le climat (COP26), qui s’ouvre le 31 octobre à Glasgow, en Ecosse.

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Ces déclarations fortes de Vladimir Poutine, réputé président « climatosceptique » à la tête d’un des pays les plus pollueurs au monde, étonnent d’autant plus que, en septembre, il accusait encore les Européens de viser la neutralité carbone aux dépens de la Russie. Jusque-là, sa priorité affichée était la route maritime du nord. Le développement de cette nouvelle voie le long des côtes polaires, devenue de plus en plus navigable sous l’effet du réchauffement et de la fonte des glaces, symbolisait la politique du Kremlin, loin des préoccupations écologiques. Ce vaste chantier doit ouvrir de juteuses perspectives commerciales entre Europe et Asie et booster l’exploitation minière des régions arctiques.

Face aux réalités, Moscou a donc changé son discours et s’est fixé des objectifs, affichant désormais un agenda de décarbonisation identique à celui de la Chine. « Nous sommes heureux d’entendre les déclarations de Vladimir Poutine sur la neutralité carbone », confie au Monde Vasilï Yablokov de Greenpeace Russie. Mais l’ONG, qui a lancé en vue de la COP 26 une pétition demandant de légaliser la décarbonation d’ici à 2050 (et non 2060), reste prudente face aux positions souvent ambiguës et contradictoires des autorités.

Concession de poids

« Le mois dernier, le ministère du développement économique avait déjà pris position puis… a fait comprendre qu’il n’envisageait pas fondamentalement la neutralité carbone en Russie », rappelle Vasilï Yablokov. Révélée par la presse moscovite, la nouvelle stratégie russe pour la décarbonisation vise la neutralité d’ici à 2060, avec une très forte réduction de 79 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050 par rapport au niveau actuel (et de 89 % par rapport au niveau de 1990) et une baisse des exportations de pétrole et de gaz de 2 % par an en termes réels à partir de 2030. Une concession de poids pour un pays dont l’économie – et le budget de l’Etat – dépendent toujours fortement de l’extraction minière.

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via LeMonde

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