Colombie : victoire historique de Gustavo Petro, premier président de gauche de l’histoire du pays


Le président élu de la Colombie, Gustavo Petro, avec sa colistière, Francia Marquez, célèbrent leur victoire le 19 juin 2022 à Bogota.

Pour la première fois de toute son histoire, la Colombie a élu dimanche 19 juin un président de gauche. Gustavo Petro, 62 ans, a remporté le second tour du scrutin, avec 50,44 % des voix. Son adversaire, le riche homme d’affaires et candidat indépendant Rodolfo Hernandez, en a recueilli 47,31 %, selon les résultats provisoires annoncés dans la soirée. La participation a été de 58 %, un record depuis 1997. Si la victoire de M. Petro est historique, celle de sa vice-présidente Francia Marquez, une afro-descendante, féministe et écologiste, ne l’est pas moins. M. Gustavo Petro succédera à Ivan Duque le 7 août.

A la tête d’une coalition dite Pacte historique, Gustavo Petro était candidat pour la troisième fois. Economiste de formation, il a appartenu dans sa jeunesse à la petite guérilla urbaine du M-19, qui a déposé les armes en 1990. Gustavo Petro a été depuis député, sénateur, maire de Bogota et de nouveau sénateur. Tout au long de la campagne présidentielle, la droite – qui a rallié M. Rodolfo pour le second tour – n’a pas manqué de rappeler le passé guérillero de M. Petro.

« Le gouvernement qui entrera en fonction le 7 août sera celui de la vie, de la paix, de la justice sociale et de la justice environnementale », a lancé M. Petro, dimanche soir, sur la scène du Movistar, une grande salle de spectacle de Bogota, devant ses partisans en liesse. Le futur chef de l’Etat était entouré de ses proches, de la future vice-présidente et de nombreuses militantes.

« Réconcilier cette nation »

Sur Twitter, Francia Marquez a dédié sa victoire « aux anciens, aux femmes, aux jeunes, aux personnes LGBTIQ+, aux indigènes, aux paysans, aux victimes, à [s]on peuple noir, à ceux qui ont résisté, à ceux qui ne sont plus là, à toute la Colombie ». Au micro, elle s’est félicitée de l’arrivée « d’un gouvernement du peuple, un gouvernement des gens qui vont à pied, un gouvernement pour ceux qui ne sont rien ». Et de conclure, « ensemble, nous allons réconcilier cette nation, dans la joie et la paix ».

« Il n’y aura que respect et dialogue », a promis M. Petro, qui, dès avant son élection, avait appelé de ses vœux un grand accord national pour tirer le pays de la crise et consolider la paix. Il avait reçu entre les deux tours le soutien de plusieurs personnalités centristes, qui défendent l’accord de paix signé en 2016 avec la guérilla marxiste des FARC et sabordé en partie par le gouvernement d’Ivan Duque. « Les partisans de Rodolfo Hernandez pourront venir dialoguer avec nous quand ils veulent, a insisté M. Petro. L’opposition, quelle qu’elle soit, sera toujours la bienvenue. » Le président élu, qui a promis de faire de la Colombie « une puissance de vie, en tête de la lutte contre le changement climatique », a également tenté de tranquilliser les chefs d’entreprise : « Nous allons développer le capitalisme. Non que le système nous plaise, mais parce que nous devons sortir du féodalisme et entrer dans la modernité. » Son discours conciliant n’a pas convaincu tous ses adversaires.

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via LeMonde

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