« Comme son père, Mahamat Idriss Déby dirige le Tchad d’une main de fer »


Le président tchadien du Conseil militaire de transition, le général Mahamat Idriss Déby à N’Djamena, en août 2021.

Tribune. Il y a un an, au lendemain des résultats officiels annonçant son sixième mandat présidentiel, le président tchadien Idriss Déby Itno était tué lors d’affrontements entre rebelles et forces gouvernementales dans la province du Kanem occidental. Le même jour, l’un de ses fils, Mahamat Idriss Déby Itno, 38 ans, foulant aux pieds la Constitution, prenait le contrôle du pays. Or, c’est le président du Parlement qui aurait dû accéder à ce poste.

Depuis cette date, la situation, déjà préoccupante, des droits humains au Tchad n’a fait qu’empirer. Les abus – notamment les meurtres, les arrestations et détentions arbitraires, la torture et l’extorsion – se sont multipliés sans que rien, ou presque, ne soit fait pour punir les responsables. Les défenseurs des droits humains travaillent dans des conditions de plus en plus dangereuses.

Le conseil militaire qui a installé Mahamat Idriss Déby au pouvoir a suspendu la Constitution et l’a remplacée par une charte de transition et la promesse d’élections libres dans un délai de dix-huit mois, après la tenue d’un dialogue national. Prévu pour le mois de février, ce dernier n’a toujours pas eu lieu, suscitant des appels croissants, au Tchad mais aussi à l’étranger, à une transition dirigée par des civils et la tenue d’élections crédibles.

Ce dialogue est censé être précédé de négociations entre le Conseil militaire de transition (CMT) du Tchad et les représentants des groupes armés. Le premier cycle de négociations a débuté à Doha, la capitale du Qatar, le 13 mars, mais aucun média tchadien indépendant n’a été autorisé à y assister pour en rendre compte.

Un usage excessif de la force

La Constitution est toujours suspendue et les signes du retour à la démocratie sont bien maigres. Comme son père, Mahamat Idriss Déby dirige le Tchad d’une main de fer, menaçant et arrêtant les dissidents et les voix critiques. Ses ministres font des déclarations fallacieuses pour tenter de justifier les abus des forces de sécurité et nient systématiquement les allégations de mauvais traitements.

La tenue de manifestations par l’opposition, la société civile ou des citoyens ordinaires est devenue difficile, car les autorités appliquent une politique de tolérance zéro vis-à-vis de la contestation.

Au lendemain de l’élection présidentielle du 11 avril 2021, les forces de sécurité ont fait un usage excessif de la force, notamment en tirant à balles réelles et sans discernement pour disperser les manifestations de l’opposition dans tout le pays. Les forces de sécurité ont tué au moins sept personnes, en ont blessé des dizaines et arrêté plus de sept cents autres lors des manifestations organisées fin avril et en mai par des membres et des sympathisants de partis d’opposition et d’organisations de la société civile, réunis au sein d’une coalition appelée Wakit Tamma. Un grand nombre des personnes arrêtées ont affirmé avoir été maltraitées, voire torturées, pendant leur détention.

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via LeMonde

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