« Congo Hold-up » : ouverture d’une information judiciaire visant le clan de Joseph Kabila

L’ancien président congolais Joseph Kabila, à Kinshasa, en décembre 2018.

Une information judiciaire visant le clan de l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila a été ouverte à Kinshasa après des révélations de détournements présumés de 138 millions de dollars (environ 123 millions d’euros), a-t-on appris mercredi 24 novembre de source judiciaire.

Dans une enquête intitulée « Congo Hold-up », menée par des médias internationaux et des ONG et dont la publication a débuté vendredi, M. Kabila et sa famille sont accusés d’avoir « siphonné » au moins 138 millions de dollars des caisses de l’Etat. Ces détournements présumés ont eu lieu de 2013 à 2018, d’après les auteurs de cette enquête qui fait grand bruit en RDC.

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Interrogé par la presse, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a indiqué lundi que « la ministre de la justice a écrit au parquet le 20 novembre » et « a donné injonction aux fins d’enquête et de poursuite ». « Nous ne pouvons pas, comme gouvernement, rester insensible à de telles allégations », a estimé M. Muyaya, qui est également ministre de la communication. « Il y a ouverture d’une information judiciaire » par le parquet près la Cour de cassation, faisant suite à la demande de la ministre de la justice, a confirmé à l’AFP, sous couvert d’anonymat, une source de ce parquet.

« Une société écran installée dans un garage »

Selon l’enquête « Congo Hold-up », les 138 millions de dollars ont été détournés « avec la complicité de la banque BGFI RDC », filiale du groupe bancaire BGFI Bank (basé au Gabon), dans laquelle des proches de M. Kabila avaient des intérêts et responsabilités, « en particulier à travers une société écran installée dans un garage ».

Selon ses auteurs, cette enquête s’appuie sur 3,5 millions de documents bancaires confidentiels, obtenus par le média d’investigation français en ligne Mediapart et l’ONG Plateforme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique. Ces données ont été analysées pendant six mois par 19 médias internationaux et cinq ONG, coordonnés par le réseau European Investigative Collaborations (EIC).

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Dans un communiqué, le service de communication de l’ex-président Kabila a qualifié les conclusions de cette enquête de « Kabilabashing » et de « tentative de décrédibilisation » de l’ancien chef de l’Etat. M. Kabila a dirigé la RDC de janvier 2001 à janvier 2019, date à laquelle l’actuel chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, lui a succédé.

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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