Corée du Sud : le nouveau président veut durcir le ton avec Pyonyang


Yoon Seok-youl, le nouveau président de la Corée du Sud, à son bureau, le 10 mai 2022, à Séoul.

Le nouveau président sud-coréen, le conservateur Yoon Seok-youl, se veut rassembleur et porteur de changements. Organisée à l’Assemblée nationale en présence de 41 000 personnes et malgré quelques manifestations de l’opposition, la cérémonie d’investiture, mardi 10 mai, a vu le nouveau chef d’Etat évoquer « la vocation de notre génération de construire une nation qui épouse la démocratie libérale et favorise une économie de marché florissante ». M. Yoon a aussi souhaité voir son pays « assumer ses responsabilités de membre de confiance de la communauté internationale ».

Insistant sur la notion de « liberté » – mot qu’il a répété 35 fois –, l’ancien procureur général de 61 ans, entre en fonction après avoir été élu de justesse le 9 mars, au terme d’une campagne plus marquée par les invectives que par les débats de fond.

Après deux mois de transition, son taux de soutien s’établit à 51,4 %, un niveau limité pour un début de mandat. Le nouveau président, surnommé le « coq de combat » pour sa ténacité, cherche donc à rassembler. Soucieux de construire « une nation qui appartient véritablement au peuple », il a déjà choisi de déménager la présidence de l’actuelle Maison Bleue vers l’actuel ministère de la défense. Pour lui, la Maison Bleue incarnait « un pouvoir impérial » trop loin de la population.

« Sur la voie de la dénucléarisation »

Désormais en poste, il va tâcher de mettre en œuvre les 110 priorités définies par son équipe de transition. Dans le domaine diplomatique, rompant avec la politique de rapprochement à tout prix avec la Corée du Nord promue par Moon Jae-in, il a déploré la menace nucléaire brandie par Pyongyang tout en se disant prêt à promouvoir « un ambitieux plan » de développement économique du Nord, s’il « s’engage sincèrement sur la voie de la dénucléarisation ».

En parallèle, M. Yoon souhaite voir Séoul « coopérer activement sur les questions internationales » avec les Etats-Unis et non plus simplement « acquiescer aux décisions prises » par Washington, tout en évitant de heurter Pékin. Il a ainsi renoncé à une promesse de campagne d’acquérir des systèmes antimissiles américains THAAD.

Le nouveau président a également fait part de son souhait d’un rapprochement avec le Japon, pour des relations « tournées vers l’avenir » et pour satisfaire Washington qui souhaite de bonnes relations entre ses alliés japonais et sud-coréen. Les relations entre les deux voisins se sont fortement dégradées du temps de Moon Jae-in, en raison des différends sur les questions historiques, notamment les femmes dites « de réconfort » un euphémisme pour parler des femmes contraintes de se prostituer pour les soldats de l’armée impériale japonaise, et le travail forcé des Coréens pendant la seconde guerre mondiale.

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via LeMonde

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