Coronavirus : l’Allemagne va classer la France en « zone à haut risque »

L’Allemagne va classer la France en « zone à haut risque » face à la pandémie de Covid, ce qui devrait entraîner des restrictions à l’entrée sur son territoire, a rapporté jeudi 25 mars au soir Angela Merkel.

« Lorsqu’on observe les taux d’incidence c’est tout simplement de fait une nécessité (…) un processus pratiquement automatique », a déclaré la chancelière allemande lors d’une conférence de presse à Berlin dans le cadre d’un sommet de l’Union européenne (UE) en visioconférence consacrée à la lutte contre le Covid-19. « Il ne s’agit pas ici d’une décision politique mais on constate l’évolution du taux d’incidence, et lorsque ce taux comme c’est ici le cas dépasse pendant longtemps le seuil des 200, alors cela entraîne un classement en zone à haut risque. »

Les taux d’incidence, qui mesurent le nombre d’infections pour 100 000 habitants au cours des sept derniers jours, dépassent dans de nombreux départements français ce seuil des 200. Il s’établissait jeudi en Allemagne à 113,3 en moyenne nationale.

Un traitement de faveur possible à certaines conditions

Jusqu’ici, seul le département de la Moselle, frontalier de l’Allemagne, est classé par l’Allemagne en « zone à haut risque ». La France était déjà en « zone à risque », mais ce niveau supérieur – qui a été créé par l’institut de santé Robert-Koch il y a quelques semaines avec l’émergence des variants – implique d’importantes restrictions de circulation, allant de l’obligation de présenter un test négatif de 48 heures à l’entrée sur le territoire allemand, à la mise en quarantaine en Allemagne pendant 10 jours, voire à l’imposition de contrôles stricts aux frontières.

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De tels contrôles ont été mis en place par l’Allemagne tout dernièrement avec la Pologne et avant cela avec la République tchèque et le Tyrol autrichien.

En revanche pour la Moselle, département frontalier des régions allemandes de Sarre et Rhénanie-Palatinat, les deux pays se sont mis d’accord pour un système plus souple de contrôles aléatoires et de tests antigéniques pour les travailleurs frontaliers.

Et Mme Merkel a laissé entendre que la France pourrait bénéficier de ce traitement de faveur, et éviter des contrôles aux frontières stricts, si son territoire est bien classé en zone à risque dans son intégralité. « Il y a tout une procédure spécifique de test (…) qui est en discussion avec la France », a-t-elle dit. Le secrétaire d’Etat français aux affaires européennes, Clément Beaune, « négocie l’allègement des modalités [d’une telle décision] pour éviter la fermeture de la frontière », rapporte son entourage à Paris.

Inquiétude à la frontière

L’inquiétude de part et d’autre de la frontière grandit néanmoins. Des députés français et allemands ont demandé dans le même temps jeudi de « convoquer le plus rapidement possible (…) une réunion extraordinaire du Comité franco-allemand de coopération transfrontalière » face au durcissement en vue « des règles restrictives dans les bassins de vie transfrontaliers entre la France et l’Allemagne ».

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Cette décision intervient alors que la Sarre prévoit juste après Pâques des ouvertures assez rapides de lieux culturels et de cinémas.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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