Coup de frein sur la reprise économique en Europe

Le siège de la Banque centrale européenne (BCE), à Francfort-sur-le-Main (Allemagne), le 28 octobre 2021.

Un à un, les signaux de la reprise économique en Europe virent à l’orange, voire au rouge. Alors que le rebond était jusqu’alors très rapide, le contre-choc vient de trois fronts : les goulets d’étranglement dans les chaînes logistiques, l’inflation grignotant le pouvoir d’achat et, surtout, une nouvelle vague pandémique avec le retour des restrictions sanitaires, notamment en Autriche, en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas et en Grèce.

Le ralentissement est suffisamment net pour que la croissance en zone euro puisse être presque nulle au quatrième trimestre, selon Andrew Kenningham, du cabinet Capital Economics : « L’aggravation de la situation du Covid en Allemagne signifie que le pays pourrait être sujet à des restrictions bien plus fortes prochainement, réduisant potentiellement de 0,25 % le produit intérieur brut [PIB] du quatrième trimestre en zone euro. Même si les autres pays imposent des règles moins draconiennes, la prudence des consommateurs pourrait provoquer une stagnation de la zone au quatrième trimestre. »

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Depuis lundi 22 novembre, l’Autriche a mis en place un confinement de vingt jours. La Grèce interdit désormais les lieux publics fermés (bars, restaurants, salles de gym) aux personnes non vaccinées. Aux Pays-Bas, un passe sanitaire est de nouveau nécessaire.

Désorganisation des chaînes d’approvisionnement

D’un point de vue strictement économique, c’est surtout la situation de l’Allemagne qui inquiète, puisque celle-ci représente 21 % du PIB de la zone euro. De nouvelles restrictions y sont probables. « Nous sommes dans une situation hautement dramatique, expliquait lundi la chancelière sortante, Angela Merkel. Ce qui est en place n’est pas suffisant. »

Ces nouvelles restrictions surviennent à un moment où l’économie commençait déjà à connaître quelques ratés. Outre-Rhin, l’indice IFO, qui mesure le moral des entreprises, a reculé en novembre pour le cinquième mois de suite, passant de 97,7 à 96,5 points. Cette chute est d’autant plus inquiétante que le sondage auprès des entreprises a été réalisé avant le rebond du Covid-19, essentiellement pendant la première partie du mois.

En France, l’inquiétude provient plutôt, selon l’Insee, de la répercussion de la hausse des prix des matières premières par les industriels

« Les risques d’une baisse de l’activité économique semblent se multiplier », avertissait mercredi Fabio Panetta, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), lors d’un discours à Paris, évoquant la désorganisation des chaînes d’approvisionnement. « Cela pourrait bientôt se voir dans la croissance du PIB », juge-t-il.

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via LeMonde

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