Coup de froid sur le cuivre et les matières premières


Au London Metal Exchange, à Londres, en septembre 2018.

Le cuivre a perdu un peu de son éclat. Sur le London Metal Exchange (LME), son cours est même passé sous la barre des 7 000 dollars (6 937 euros) la tonne en séance, vendredi 15 juillet. Un niveau qu’il n’avait plus atteint depuis novembre 2020. A comparer à son plus haut historique, décroché le 7 mars, lorsque la tonne de métal rouge se négociait, en pleine euphorie, à 10 730 dollars. Soit un décrochage de près de 30 % depuis ce record.

Un vrai coup de froid qui ne touche pas uniquement le cuivre. Tous les autres métaux industriels, peu ou prou, sont touchés. De l’aluminium au zinc, en passant par le nickel, la tendance générale est à la baisse. Depuis le début de l’année, le zinc a dévissé de 18 %, l’aluminium, de 16 %, et le nickel, de 7 %.

Mais le sort du cuivre, plébiscité par nombre d’industries, est tout particulièrement scruté par les observateurs, de par son statut de thermomètre de l’économie. Lorsque les troupes russes ont envahi l’Ukraine, fin février, les investisseurs, perdant leur boussole, ont frissonné en évoquant les éventuelles tensions d’approvisionnement. Une poussée de fièvre qui intervenait sur des marchés déjà échauffés par la reprise économique, après les deux années de crise liée au Covid-19. Résultat, les cours ont flambé.

Inflation, ralentissement chinois, hausse du dollar

Depuis le courant du mois d’avril, le vent semble avoir tourné. Alors que la Chine applique toujours sa stratégie zéro Covid, le sujet sanitaire est revenu sur le devant de la scène. Même devenues plus sporadiques, les mesures de confinement prises par le gouvernement de Pékin inquiètent. Ces restrictions, qui ont touché de grandes métropoles comme Shenzhen ou Pékin, mais surtout Shanghaï, ne peuvent que ralentir le moteur économique chinois et, donc, par extension, l’activité mondiale. Les données publiées par le Bureau national des statistiques, vendredi, le prouvent. Au deuxième trimestre, la croissance, sur un an, de la Chine a été limitée à 0,4 %. Un coup de frein brutal, après un premier trimestre dynamique, à + 4,8 %.

De la crainte de manquer de métal, le sentiment général est passé à l’inquiétude de voir la demande s’éroder. Il est vrai que l’empire du Milieu, premier consommateur de métal rouge, utilise près de 60 % des volumes mondiaux. L’offre de cuivre a ainsi dépassé la demande d’environ 95 000 tonnes pour les quatre premiers mois de 2022, selon le dernier rapport du Groupe international d’étude du cuivre.

En parallèle, les investisseurs s’interrogent sur les futurs bulletins de santé de l’Europe et des Etats-Unis. La fièvre de l’inflation s’est déclenchée. Soucieuses de limiter la surchauffe, les banques centrales ont donné un tour de vis monétaire. Le dollar américain s’est apprécié au point même de glisser vers la parité avec l’euro. Un raffermissement du billet vert qui alimente également le courant baissier des matières premières. Enfin, le Vieux Continent est confronté à une flambée des prix de l’énergie et à un risque de pénurie à l’hiver 2022-2023, si les flux de gaz russes sont interrompus.

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via LeMonde

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