Covid-19 : après l’abandon des restrictions sanitaires, une flambée des cas au Royaume-Uni

Un élève passe un test de dépistage du Covid-19 dans le gymnase du collège Wilberforce, à Hull (Royaume-Uni), le 8 mars 2021.

« Le Royaume-Uni du moins l’Angleterre , est le pays le plus libre d’Europe » s’est félicité David Frost, le ministre britannique à l’Europe faisant allusion à la pandémie de Covid-19 dans un discours consacré au Brexit, mardi 12 octobre. « A propos du Covid, nous avons choisi un équilibre entre la réouverture et la pression hospitalière, auquel nous pouvons nous tenir », a ajouté l’ex-négociateur en chef du divorce avec l’Union européenne. Ces propos résument le parti pris du gouvernement Johnson depuis l’été : il faut « vivre avec le virus » répètent ses membres, la campagne vaccinale du printemps ayant été un succès (78,7 % de doubles vaccinés chez les plus de 12 ans), les restrictions sanitaires ne sont plus nécessaires.

Mais cette « liberté » a un prix : mercredi, 42 776 nouvelles contaminations ont été comptabilisées en vingt-quatre heures, au plus haut depuis trois mois. Et sur les sept derniers jours, la moyenne quotidienne des contaminations était de presque 32 000. Quant aux décès, ils oscillent encore entre 100 et 150 par jour (136 mercredi), des niveaux tristement élevés même s’ils n’ont rien à voir avec ceux observés pendant la première vague (printemps 2020) et la deuxième (hiver 2020). Actuellement, 7 000 malades du Covid-19 sont hospitalisés au Royaume-Uni et le nombre d’admissions est d’environ 700 par jour. Les hôpitaux sont loin d’être saturés comme début 2021 mais les médecins se plaignent d’une pression supplémentaire alors que le NHS (le système hospitalier national) doit écouler une énorme liste d’attente (plus de 5 millions) de patients, en attente de soins ou d’opérations différées à cause de la pandémie.

Dans les Midlands et le nord de l’Angleterre, les plus touchés depuis le début de la crise sanitaire, plus de 400 personnes avaient le coronavirus, sur 100 000 ces sept derniers jours. Ces niveaux d’infection ne sont guère étonnants : en Angleterre, plus grand monde porte le masque dans les transports en commun, les magasins ou les endroits populeux (il est en revanche encore obligatoire en Ecosse). Aucun système de passe sanitaire n’a été imposé, malgré les tentatives (timides) du gouvernement Johnson début septembre. Les cas contacts n’ont plus besoin de s’isoler s’ils sont doublement vaccinés. Personne ne portait le masque lors de la conférence annuelle du Parti conservateur, début octobre à Manchester, malgré l’atmosphère confinée et les milliers de participants. Le masque était en revanche encore (un peu) de rigueur au congrès annuel du Labour, une semaine plus tôt à Brighton, les « libertariens » allergiques à la distanciation sociale se trouvant bien plus nombreux dans le camp Tory que travailliste.

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via LeMonde

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